Donald Trump dément Tibor Nagy sur la question des islamistes en RDC

Le président américain Donald Trump a affirmé, lors d’un échange avec la journaliste d’origine angolaise Hariana Verás Victória accréditée à la Maison Blanche, que son administration est engagée directement dans la résolution de la crise sécuritaire à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), où sévit le groupe islamiste ADF affilié à l’État islamique.

Répondant à une question dans les jardins de la maison Blanche sur les violences ayant coûté la vie à plus de 60 personnes au Nord-Kivu, Trump a reconnu la gravité de la situation : « Eh bien, nous allons leur parler, comme vous le savez, nous sommes en train de leur parler. C’est un endroit très violent. C’est très, très violent. Mais cela dure depuis longtemps, depuis 30 ans, 35 ans même, dit-on. Mais nous allons nous en occuper. »

Le président a également annoncé qu’il poursuivait ses consultations avec les autorités de la région, précisant qu’il avait récemment reçu les ministres des Affaires étrangères de Kinshasa et de Kigali, et que les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame viendront prochainement à Washington. « Ils vont bientôt venir… Les présidents arrivent très bientôt », a-t-il déclaré.

Une prise de position qui contredit Tibor Nagy

Cette annonce contraste vivement avec les propos polémiques de Tibor P. Nagy, ancien sous-secrétaire d’État américain aux Affaires africaines, qui a raillé sur X (ex-Twitter) l’armée congolaise et le président Félix Tshisekedi. Nagy écrivait : « L’humiliation de l’armée congolaise par le M23 était déjà suffisamment honteuse. Aujourd’hui, ces “guerriers” sont incapables de protéger les villageois innocents des extrémistes des ADF liés à Daech. Pendant ce temps, le président congolais Tshisekedi est en voyage au Kazakhstan. Il devrait visiter l’Est du Congo ! »

Ces propos ont suscité de vives critiques, car ils mettent en cause la crédibilité du président congolais et semblent minimiser la complexité de la crise, où la RDC affronte à la fois le terrorisme transnational (ADF) et l’agression étatique du Rwanda via le M23.

En annonçant une implication directe des États-Unis, Donald Trump prend à contrepied la rhétorique de Nagy. Là où l’ancien diplomate accablait Kinshasa, le président américain choisit de privilégier l’engagement diplomatique, confirmant des pourparlers en cours et annonçant la tenue prochaine de rencontres de haut niveau.

Ce positionnement marque un tournant : Washington ne se contente pas de constater l’échec sécuritaire, mais affirme sa volonté de « s’en occuper » et de contribuer à la stabilisation de la région. Une approche qui, en plus de rassurer Kinshasa, clarifie la ligne officielle américaine et dissipe l’ambiguïté née des déclarations de Nagy.

Cette divergence met en lumière un enjeu de communication stratégique : faute de réaction, les propos de Tibor Nagy pouvaient être interprétés comme reflétant la position officieuse des États-Unis. L’intervention de Trump rétablit une cohérence diplomatique et renforce la perception d’un soutien américain à la fois au peuple congolais et aux processus de paix en cours.

JEK

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