Dialogue de Jo’burg sur la RDC : Malgré le boycott de Kinshasa, la Fondation Thabo Mbeki réaffirme son « agenda de paix »

Le deuxième Dialogue Annuel sur la Paix et la Sécurité, organisé par la Fondation Thabo Mbeki, s’est clôturé le samedi 6 septembre 2025 dans un contexte diplomatique électrique. Conçu pour débattre des crises régionales et particulièrement de la situation explosive en République démocratique du Congo (RDC), l’événement a été marqué par le boycott ferme du gouvernement congolais, qui refuse toute médiation en dehors de son initiative exclusive.

Plusieurs invités congolais ont été empêchés de participer : certains ont vu leurs passeports saisis à l’aéroport de Ndjili, tandis que d’autres se sont heurtés à un refus de visa par l’ambassade d’Afrique du Sud à Kinshasa. Une illustration claire des tensions qui entourent la question d’un dialogue inclusif en RDC.

Un message clair pour un « nouveau pacte républicain »

Malgré l’absence de Kinshasa, le dialogue a produit des propositions fortes pour sortir la RDC de l’impasse politique et sécuritaire. Deux panels ont structuré la journée, portant sur la paix durable en Afrique centrale et sur l’inclusion dans la médiation régionale. Trois intervenants ont retenu l’attention :

  • Professeur Nehemie Mwilanya, FCC, dernier directeur de cabinet de Joseph Kabila,
  • Albert Moleka, ancien directeur de cabinet d’Étienne Tshisekedi et directeur de campagne de Denis Mukwege en 2023, qui a exprimé sa gratitude envers le président Thabo Mbeki pour avoir organisé le dialogue tout en alertant sur les risques de désinformation et en appelant à une approche factuelle et inclusive de la crise congolaise,
  • Ambassadeur Welile Nhlapo, ancien conseiller politique de la présidence sud-africaine, modérateur des débats, qui a insisté sur le fait que la crise congolaise devait être appréhendée dans une perspective à la fois nationale et régionale, et que sa résolution nécessitait un engagement collectif africain.

Le FCC a présenté trois propositions structurantes intégrées dans les recommandations finales :

  1. Réhabilitation du contrat social et du Pacte républicain, hérités de l’esprit de Sun City et inscrits dans la Constitution de 2006, jugés aujourd’hui fragilisés par la dérive autoritaire du pouvoir en place.
  2. Relance d’un processus politique inclusif, impliquant la reconnaissance officielle de la crise, un cessez-le-feu effectif, le retrait des troupes étrangères et la tenue d’un dialogue intercongolais intégral, à l’instar du processus de 2001-2003.
  3. Réévaluation des approches internationales de Washington et de Doha, jugées partielles, au profit d’une méthode africaine inclusive priorisant la réconciliation nationale avant toute ouverture aux investissements étrangers.

Thabo Mbeki : « La responsabilité africaine est irréductible »

Dans son allocution de clôture, l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki a insisté sur l’urgence d’une réponse africaine face aux crises congolaises et continentales, appelant les États, la société civile et les organisations multilatérales à une « responsabilité partagée » pour rétablir stabilité et gouvernance inclusive. La Fondation a confirmé la tenue d’un dialogue intermédiaire avant la troisième édition, réaffirmant son rôle de catalyseur pour une solution africaine aux crises africaines, avec un focus particulier sur la RDC.

Face aux critiques de Kinshasa dénonçant une prétendue partialité, le Directeur Exécutif de la Fondation a riposté : « La seule partialité de la Fondation Thabo Mbeki, c’est celle de la paix. Son seul agenda caché, ce sont la sécurité, la bonne gouvernance et la démocratie, portées par la force d’un dialogue inclusif et participatif. »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *