48 heures après l’échéance du 18 août, l’accord attendu entre Kinshasa et le M23 reste introuvable

Deux jours après la date du 18 août, fixée comme limite pour la signature d’un accord de paix entre le gouvernement congolais et le M23, rien n’a encore été acté. À Doha, où les médiateurs qatari et américain avaient promis un « cycle important de négociations », le flou demeure, alors que la tension continue de monter dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Le projet d’accord, partagé aux parties prenantes, prévoyait un cessez-le-feu permanent, un mécanisme d’échange de prisonniers et l’élaboration de mesures destinées à conduire vers un accord global. Ces engagements faisaient suite à la déclaration de principes signée le 19 juillet à Doha, dans la foulée de l’accord conclu fin juin à Washington entre Kinshasa et Kigali.

Un contenu sous vives polémiques

Mais ce texte, censé rapprocher les parties, fait déjà l’objet de fortes polémiques, particulièrement au sein de l’opinion nationale congolaise. Beaucoup dénoncent un document qui, loin de consacrer la restauration de l’autorité de l’État bafouée par la rébellion, semble plutôt donner des gages aux attentes du M23, pourtant appuyé par le Rwanda. Pour nombre de Congolais, les médiateurs américains et qataris paraissent plus attentifs aux doléances des rebelles qu’à l’exigence première de souveraineté et d’intégrité territoriale de la RDC.

Cette perception est accentuée par les arrière-pensées économiques attribuées à Washington et Doha. Plusieurs analystes congolais critiquent une médiation dictée par l’ambition d’investir massivement dans les mines de la RDC, en érigeant Kigali en « proxy » chargé de sécuriser ces exploitations. La mention du Rwanda comme partenaire dans la co-exploitation de ces ressources, à travers l’accord de Washington, alimente le sentiment d’une logique qui met en avant les appétits miniers des puissances, tout en reléguant au second plan la paix et la souveraineté nationale.

La guerre continue sur le terrain

Pendant que les négociations patinent, les violences s’intensifient. Depuis le 8 août, des affrontements meurtriers se poursuivent aux abords de Mulamba, dans le Sud-Kivu, où la ligne de front était jusque-là relativement stable. L’armée congolaise accuse le M23, épaulé par le Rwanda, d’avoir multiplié les attaques contre ses positions, fragilisant encore davantage le cessez-le-feu obtenu grâce à la médiation de Washington et Doha.

Un haut responsable américain a concédé des difficultés, tout en minimisant les inquiétudes sur la survie du cessez-le-feu. Sur le terrain pourtant, la réalité est alarmante : plus de deux millions de personnes ont été contraintes à l’exil depuis janvier dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, selon l’ONU.

Entre négociations et suspicion

À ce stade, l’écart est grand entre les promesses diplomatiques et la situation dramatique vécue par les populations congolaises. La non-signature de l’accord au 18 août, doublée des contestations sur son contenu, confirme que le processus de Doha est loin de répondre aux priorités vitales de la RDC : la paix, la restauration de l’autorité de l’État et le respect de sa souveraineté.

JDW

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