Kinshasa et Brazzaville font front commun contre la désinformation

Un peu plus d’une semaine après la diffusion d’une rumeur explosive affirmant que l’ancien président congolais Joseph Kabila accusé par Kinshasa d’alliance avec la rébellion pro-rwandaise du M23, aurait séjourné à Brazzaville, les deux Congo ont décidé de serrer les rangs pour briser la spirale de la désinformation.

Réunis ce lundi 18 août 2025 à Kinshasa, les ministres de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya Katembwe pour la RDC et Thierry Moungala pour le Congo-Brazzaville, ont convenu d’un plan de riposte coordonné. Cette rencontre fait suite à une précédente réunion, à Brazzaville, entre les ministres de l’Intérieur des deux pays. Preuve que la rumeur a provoqué un malaise réel entre les deux capitales, rappelant les crispations d’il y a quelques années, lorsqu’un accord de cession de terres agricoles par Brazzaville au Rwanda avait semé la controverse.

Mettre fin aux manipulations

À Kinshasa, Patrick Muyaya a insisté sur la nécessité de « casser toutes ces fausses nouvelles qui entachent la relation entre nos deux pays et empoisonnent la perception de nos compatriotes ». Son homologue Thierry Moungala a renchéri en évoquant la mise en place de mécanismes de communication conjoints pour « étouffer dans l’œuf ces tentatives de manipulation et étrangler ce serpent à multiples têtes qu’est la fake news ».

Les deux ministres ont annoncé la tenue de briefings alternés à Kinshasa et à Brazzaville, ainsi que l’activation d’un mécanisme bilatéral de concertation régulière sur les questions sensibles, afin d’éviter que la rumeur et la désinformation ne fragilisent la confiance entre les deux États.

Un enjeu de stabilité régionale

Au-delà de cette affaire, Kinshasa et Brazzaville veulent ériger leur coopération contre la désinformation en modèle pour l’Afrique centrale. L’objectif est de bâtir un espace médiatique plus crédible et plus transparent, condition essentielle au renforcement de la stabilité et du développement.

Les deux pays rappellent que la lutte contre les fausses nouvelles ne se limite pas à une réaction ponctuelle, mais doit s’inscrire dans un dialogue permanent, nourri par l’histoire, la fraternité et les liens culturels profonds qui unissent les deux peuples.

Avec cette initiative, Kinshasa et Brazzaville affichent clairement leur volonté de ne pas laisser les rumeurs parasiter leurs relations bilatérales. Un signal fort dans une région où la désinformation est devenue une arme politique redoutable.

JDW

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