Sous un ciel lourd de mémoire et de douleur ce samedi 2 août, le Président Félix Tshisekedi a lancé un appel historique : que le Parlement reconnaisse officiellement les génocides commis en République Démocratique du Congo. Une parole forte, portée depuis le Mémorial de Kinshasa, où s’est tenue la 3ᵉ commémoration du GENOCOST (Génocide par intérêt économique).

Au cœur de la capitale congolaise, dans le silence recueilli du Mémorial dédié aux millions de victimes des violences armées à visée économique, une voix s’est élevée, ferme et pleine d’émotion : celle du Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
« Ce ne serait pas qu’un symbole, mais un acte souverain de vérité et de mémoire », a-t-il affirmé, appelant les deux chambres du Parlement à voter une résolution reconnaissant officiellement les génocides perpétrés sur le sol congolais. Un geste attendu depuis trop longtemps par les survivants, les familles endeuillées, et une jeunesse en quête de justice et d’histoire.

En présence des hauts dignitaires de l’État, des membres du gouvernement et de diplomates accrédités en RDC, le Président a dit répondre à « l’appel de la Mémoire, l’appel de la Dignité et l’appel de la Justice ». Car en RDC, chaque vallée, chaque village du Kivu ou de l’Ituri garde les stigmates d’un drame humain profond, que trop peu osent nommer.
Vers un Tribunal international pour la RDC ?

À la veille de l’installation d’une Commission d’enquête indépendante sur les massacres de l’Est, le Président Tshisekedi a élargi son plaidoyer à la scène internationale. Il a interpellé la communauté mondiale, affirmant son devoir moral et politique d’accompagner ce combat pour la vérité.
La ministre des Droits humains, Chantal Chambu Mwavita, a, d’ailleurs, réclamé la création d’un Tribunal international spécial pour la RDC et l’instauration du 2 août comme journée internationale du GENOCOST, une date-symbole qui résonne déjà comme un appel à la mobilisation collective pour la réparation et la justice.
Une mémoire vivante, un deuil toujours ouvert
Le FONAREV, bras opérationnel du gouvernement pour les réparations, a marqué les esprits en exposant sur le site les armes blanches utilisées par les bourreaux, et des objets retrouvés aux côtés des victimes. Des morceaux d’histoires brisées, rassemblés pour bâtir, à terme, un musée du GENOCOST.
Une mémoire incarnée, pour que nul n’oublie
Le Président de la République, accompagné de la Première Dame Denise Nyakeru, a ravivé la flamme de la solidarité, avant de se recueillir devant la stèle du souvenir. Ce geste, silencieux mais puissant, a conclu une cérémonie empreinte de gravité, mais aussi d’espoir.
Dans un pays où la paix reste à construire sur les cendres du passé, cet appel à reconnaître le génocide congolais marque un tournant. Il engage la Nation entière, et interpelle le monde. Car sans mémoire, il n’y a pas de justice. Et sans justice, il ne peut y avoir de paix.
JEK

