Génocide congolais : le Gouvernement Suminwa porte haut le cri du peuple

Kinshasa vibre au rythme d’un colloque pas comme les autres. Ce mercredi 30 juillet, la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a procédé à l’ouverture solennelle d’un colloque international de haut niveau consacré à la reconnaissance des génocides commis en République Démocratique du Congo. Organisée à quelques jours de la commémoration du GENOCOST, cette rencontre mobilise pendant trois jours des experts congolais et internationaux, des juristes, chercheurs, universitaires, ainsi que des représentants d’institutions nationales et internationales.

Objectif : créer un cadre scientifique, historique et juridique pour documenter les crimes à caractère génocidaire perpétrés sur le sol congolais, asseoir une mémoire collective, et définir les leviers d’un plaidoyer efficace pour la reconnaissance internationale de ces atrocités.

« Ce colloque est une étape décisive vers la vérité, la justice et la dignité de nos martyrs », a déclaré la Première ministre dans son discours d’ouverture.

Une grande mobilisation pour l’an 3 du GENOCOST

À l’approche de la troisième commémoration du génocide congolais pour des gains économiques (GENOCOST), prévue le 2 août, la Cheffe du Gouvernement a appelé à une mobilisation nationale et diplomatique d’envergure. Lors de la 53e réunion ordinaire du Conseil des ministres, le Président de la République Félix Antoine Tshisekedi a demandé que cette journée soit solennellement célébrée dans toutes les provinces, ainsi que dans les ambassades de la RDC à l’étranger, à travers des espaces de dialogue, de mémoire et de paix.

« Le GENOCOST ne se limite pas à la réparation des survivants. Il constitue un appel à la vérité, à la justice et à la non-répétition », a rappelé le Chef de l’État.

Le temps de la justice

Loin d’un discours victimaire, les autorités congolaises veulent imposer un devoir de mémoire et agir pour que les crimes ne restent pas impunis. L’an dernier à Kisangani, Judith Suminwa lançait un message clair : « Nous ne sommes pas des pleurnichards. Il s’agit d’un devoir de mémoire. Nous n’abandonnerons pas. »

La Première ministre a, une fois de plus, plaidé pour la création d’un Tribunal pénal international pour la RDC, face aux violations graves du droit humanitaire, aux violences sexuelles massives, aux massacres et pillages qui ont frappé le pays. Pour elle, « la réparation ne suffit pas » : elle appelle à mettre en place les autres mécanismes de justice transitionnelle pour garantir la vérité, la justice et la non-répétition.

Une voix unifiée pour honorer les martyrs

Le Gouvernement a été chargé d’élaborer une stratégie globale et progressive, avec l’appui de la Commission Interinstitutionnelle d’Aide aux Victimes et d’Appui aux Réformes (CIA-VAR) et du Fonds National de Réparations des Victimes (FONAREV). Cette démarche inclura les forces vives nationales et la diaspora congolaise, afin de porter la voix des survivants sur la scène internationale.

Le 2 août, désormais institué comme Journée nationale de commémoration des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (article 28 de la loi du 26 décembre 2022), sera marqué par des cérémonies de recueillement, témoignage et mobilisation.

Un plaidoyer à l’échelle mondiale

Le combat pour la reconnaissance du GENOCOST se poursuivra également dans les grands forums internationaux, notamment à la 60e session du Conseil des droits de l’homme et à la 80e Assemblée générale des Nations Unies. Un combat pour que les larmes congolaises cessent d’être invisibles, et que le monde reconnaisse, enfin, que le silence tue autant que les balles.

JEK

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