ARRET SUR IMAGE : Martin Bakole empoche 100.000$ en liquide pour un combat privé

Il y a à peine quelques semaines, les Léopards A’ du football se faisait sortir lamentablement de la phase finale du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) au terme d’une campagne africaine brève mais bien chargée d’événements douloureux. Pour une compétition prévue et préparée des mois plus tôt, les fauves congolais se sont retrouvés sur le tapis vert sans leur dû.

A Kinshasa, des bonzes du Gouvernement leur ont opposé l’obligation de détenir un compte bancaire par lequel tout paiement à leur profit devait passer, bancarisation oblige. Malgré les explications sur l’urgence et la nécessité, Nicolas Kazadi et ses hommes resteront impassibles et les Léopards reviendront au pays la queue bien calée entre les pattes.

Quelques semaines seulement après cette déconvenue qui a déteint sur le prestige de toute une Nation, un autre fauve, également devant l’urgence et la nécessité, vient de bénéficier d’un traitement différent. Martin Bakole, puisque c’est de lui qu’il s’agit, vient d’empocher 100.000$, rubis sur l’ongle, au cabinet du Ministre des Sports. Une vidéo devenue virale sur la toile, charriant l’indignation de la nation, met en scène le lourd mondial enfilant du lourd dans son sac banane bien nouée autour de sa taille comme une de ces ceintures que sa carrière lui a déjà procurée.

Pour un trophée, il en est bien une, cette brique de billets verts que le champion de boxe, par des gestes lubriques, classe dans son sac, aidé par un chroniqueur de télévision et devant le regard livide d’une préposée que tout indique que c’est par elle que ce pactole a changé de mains, bien loin du circuit bancaire. Un véritable trophée lorsqu’on sait que Martin Bakole, qui a remué ciel et terre jusqu’à faire chanter la République, doit livrer un combat… privé – oui, vous avez bien lu.

Ainsi va donc la vie de l’argent de l’Etat, qui surf au gré, non seulement des humeurs des décideurs, mais aussi et surtout de la tête du client. Et celle de Bakole en est bien une qui est bénie des seigneurs des finances rd-congolaises qui, elles, peuvent marcher allègrement sur les lois et règlements du pays. Dont l’une interdit de se promener avec plus de 10.000 $ en liquide. Pour l’avoir enfreint, Willy Bakonge, qui venait à peine d’être Ministre, a fait la prison.

Sans staff technique connu – à son dernier combat, il n’avait aucun coach à son coin, sinon son frère également boxeur comme lui – Martin Bakole avait écumé les bureaux cossus de la ville de Kinshasa, du sommet de la République jusqu’aux comptoirs de diamant des libanais en passant par des sièges des partis politiques, après sa dernière ceinture. Et on continuait de s’interroger sur la misère qu’il criait avant son prochain match lorsque les images l’ont montré passant de Job à Crésus dans les installations de l’Etat.

JEK

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