Le deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2) entre dans sa phase opérationnelle en République démocratique du Congo. Le gouvernement a arrêté à 192 millions de dollars américains le budget nécessaire à la réalisation de cette vaste opération statistique, destinée à établir une photographie actualisée de la population et des ménages à travers le pays.
Le chiffre a été communiqué lundi 28 septembre 2026 par le ministre d’État, ministre du Plan et de la Coordination de l’aide au développement, Guylain Nyembo, lors d’un briefing spécial animé conjointement à Kinshasa avec le ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.
Selon Guylain Nyembo, l’essentiel de cette enveloppe sera consacré aux ressources humaines mobilisées pour conduire le processus. « Le budget arrêté est de 192 millions USD », a-t-il précisé, indiquant qu’une première phase avait déjà permis de recruter 15 000 personnes, dont 14 000 cartographes, ainsi que des techniciens appelés à les accompagner.
130 735 agents mobilisés
La phase pratique du RGPH-2 a officiellement démarré lundi à Kinshasa avec la cartographie censitaire. Cette étape consiste notamment à identifier et répertorier les habitants et les ménages afin de déterminer leur répartition géographique sur l’ensemble du territoire national.
Au total, 130 735 agents ont été recrutés pour participer à l’opération. Les cartographes seront notamment dotés de tablettes pour faciliter la collecte, la transmission et le traitement des données recueillies sur le terrain.
Le recensement proprement dit interviendra dans une étape ultérieure.
La démarche vise ainsi à constituer progressivement une base statistique permettant de mieux connaître la population congolaise, sa répartition et les caractéristiques des ménages.
Selon le ministre du Plan, les conditions sont désormais réunies pour avancer sans nouveau report. « Nous avons vidé tous les préalables : nous avons le budget, le personnel qu’il faut pour ça », a-t-il déclaré, évoquant également l’accompagnement de l’UNFPA.
Il a présenté le processus comme désormais irréversible, compte tenu de l’ensemble des moyens mobilisés.
Une opération présentée comme scientifique et apolitique
Le gouvernement insiste par ailleurs sur le caractère scientifique, apolitique et anonyme du RGPH-2. Les informations collectées seront cryptées avant leur transmission vers un serveur central, selon les explications fournies par le ministre.
Au-delà de la production des statistiques démographiques, ces données devraient constituer un outil de planification pour plusieurs politiques publiques. Guylain Nyembo a notamment cité leur possible utilisation dans différentes opérations nationales, y compris le processus d’enrôlement des électeurs conduit par la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
Cette articulation ne signifie toutefois pas que le recensement se substituera aux opérations électorales : il doit avant tout fournir à l’État une base statistique actualisée susceptible d’être exploitée dans plusieurs domaines de la planification nationale.
Le défi particulier des zones de l’Est
Reste la question des territoires confrontés à l’insécurité dans l’Est du pays. Le gouvernement assure vouloir maintenir le processus dans ces zones malgré les contraintes sécuritaires.
Un dispositif particulier devrait être déployé, sur le modèle de celui utilisé pour permettre l’organisation de l’Examen d’État dans les territoires affectés par les difficultés sécuritaires.
Avec une enveloppe de 192 millions USD, plus de 130 000 agents mobilisés et une première étape consacrée à la cartographie censitaire, le RGPH-2 constitue ainsi l’un des plus importants exercices statistiques entrepris par la RDC. Son enjeu dépasse la seule connaissance du nombre d’habitants : il s’agit de disposer d’une base de données démographiques suffisamment robuste pour orienter la planification, l’allocation des ressources et la conception des politiques publiques.
Yanel Manu

