La République démocratique du Congo et les États-Unis ont franchi une nouvelle étape dans la coopération autour du projet hydroélectrique Grand Inga avec la tenue, lundi dans les locaux de la Banque mondiale à Paris, la réunion inaugurale du Comité de coordination et de gouvernance chargé d’accompagner le développement de cette infrastructure énergétique majeure.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de l’accord de partenariat stratégique signé entre Kinshasa et Washington le 4 décembre 2025. Elle marque l’opérationnalisation de son article 10 qui prévoit la mise en place d’un mécanisme conjoint destiné à encadrer la coordination et la gouvernance du projet.

Les travaux ont été coprésidés par le vice-Premier ministre congolais chargé de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, et Jeremy Wiggins, secrétaire adjoint chargé de la politique de financement du développement au département du Trésor américain. Anna Bjerde, directrice générale des opérations de la Banque mondiale, a également pris part à la réunion, aux côtés des délégations des deux pays.
Financement, risques et transport de l’électricité au cœur des discussions
Au-delà de la portée diplomatique de cette réunion, les échanges ont porté sur les conditions concrètes de développement du Grand Inga. Les discussions ont notamment concerné les besoins énergétiques, les infrastructures nécessaires au transport de l’électricité et la viabilité économique et financière du projet.
Kinshasa et Washington ont également examiné les possibilités de structuration du projet, de mobilisation des financements et de partage des risques. Le rôle potentiel des institutions financières et des acteurs privés a figuré parmi les sujets abordés, de même que les modalités de coordination et les prochaines étapes de mise en œuvre.
Ces questions constituent des enjeux déterminants pour un projet dont la concrétisation suppose de réunir des capitaux importants, de définir les mécanismes de financement et de prévoir les infrastructures permettant d’acheminer l’électricité produite vers les zones de consommation.
Le communiqué publié à l’issue de la réunion ne précise toutefois ni le montant des financements envisagés, ni le calendrier des travaux, ni les engagements financiers déjà pris par les deux parties.
De l’ambition politique à l’épreuve de l’exécution
Présenté comme l’un des projets phares de la coopération économique entre la RDC et les États-Unis, le Grand Inga se trouve ainsi au centre d’un mécanisme bilatéral de gouvernance destiné à accompagner son développement.
L’installation de ce comité traduit la volonté des deux pays de dépasser le stade de l’ambition commune pour identifier les conditions nécessaires à la réalisation du projet. Elle ne constitue cependant pas, à elle seule, une annonce de financement définitif ou de démarrage des travaux.
La prochaine étape consistera à traduire les discussions en décisions opérationnelles, notamment sur le montage financier, le partage des risques, les infrastructures de transport et la coordination entre les institutions concernées.
Pour la RDC, l’enjeu est de transformer le potentiel hydroélectrique du Grand Inga en capacité de production effectivement mobilisable au service de ses besoins énergétiques et de son développement économique. La réunion de Paris ouvre une nouvelle séquence dans ce processus. Sa portée réelle dépendra désormais des engagements concrets qui suivront.
JDW

