Bâtiments vieillissants, installations électriques insuffisantes, sanitaires dégradés, problèmes de drainage et espaces de travail saturés : les infrastructures qui abritent la diplomatie congolaise nécessitent une remise à niveau.
C’est le constat dressé lundi par le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, lors d’une mission d’inspection et de cadrage menée à l’invitation de la ministre d’État aux Affaires étrangères, à la Coopération internationale, à la Francophonie et à la Diaspora, Thérèse Wagner Kayikuamba.

Accompagné d’une équipe d’experts, le ministre a parcouru les différents niveaux du siège des Affaires étrangères avant de se rendre sur le site de la Coopération internationale, situé avenue Batetela, dans les locaux de la Société nationale d’électricité (SNEL). L’objectif : évaluer l’état du patrimoine existant, identifier les interventions prioritaires et préciser les contours des projets de modernisation.
Un patrimoine vieillissant confronté à des problèmes de sécurité
Construit en 1974, le bâtiment principal présente des déficiences qui affectent à la fois les conditions de travail des agents et la sécurité des occupants.
L’inspection a notamment relevé des insuffisances dans l’alimentation électrique, une tuyauterie obsolète et des sanitaires précaires, parfois dépourvus d’eau courante.
La sortie de secours principale a également été signalée comme un point de préoccupation, en raison d’un aménagement qui ne garantit pas des conditions de sécurité satisfaisantes.
À ces difficultés s’ajoutent des problèmes d’assainissement. Les égouts et le système d’évacuation en béton du Centre financier voisin perturbent le drainage du complexe diplomatique, compliquant la gestion des eaux sur le site.
La station-service implantée dans l’enceinte présente, elle aussi, des problèmes de stabilité et de sécurité qui appellent une évaluation technique.
Au-delà de l’état des installations, la capacité d’accueil constitue une autre difficulté. Les espaces sont devenus trop étroits pour les besoins des services, dans un contexte où les exigences opérationnelles de la diplomatie congolaise nécessitent des locaux fonctionnels et adaptés.

Coopération internationale : des agents contraints de travailler dans les couloirs
Sur le site de la Coopération internationale, la situation est particulièrement révélatrice de la saturation des espaces administratifs. Le Bureau de l’Intégration régionale ne dispose que de trois espaces de travail, déjà surpeuplés, obligeant certains agents à s’installer dans les couloirs.
La Salle de Conférence internationale nécessite également une rénovation afin de répondre aux standards actuels d’accueil et de fonctionnement.
Quant à la Salle des Archives, elle est confrontée à des difficultés de circulation des usagers, d’installation des agents de la chancellerie et à l’absence de sanitaires.
Ces constats posent la question de l’adaptation des infrastructures aux missions d’un ministère dont les activités impliquent l’accueil de délégations étrangères, l’organisation de conférences et la gestion de dossiers diplomatiques sensibles.
Un calendrier réaménagé et des projets à préciser
À l’issue de la visite, John Banza Lunda a demandé la tenue d’une réunion technique associant les experts chinois, la Direction des Bâtiments civils, le Secrétariat général aux ITP et son conseiller technique.
Cette réunion doit permettre de réaménager le calendrier du projet et d’obtenir le plan définitif accompagné d’un devis révisé pour le bâtiment projeté en R+12, soit douze niveaux au-dessus du rez-de-chaussée.
Parallèlement, les pistes d’intervention portent sur trois volets : l’évaluation de la capacité d’accueil des services, la réhabilitation des infrastructures existantes et la construction envisagée d’un nouveau bâtiment R+5, dans le cadre d’un protocole d’accord avec la République populaire de Chine actuellement en phase d’alignement.
Ces différentes options devront être précisées sur les plans technique et financier avant toute décision définitive sur leur mise en œuvre.
Le Conseil des ministres appelé à arbitrer
La prochaine étape consistera à consolider le dossier technique et financier. La Direction des Bâtiments civils et les équipes spécialisées devront chiffrer les interventions envisagées, afin de soumettre l’ensemble à l’arbitrage du Conseil des ministres.
L’objectif est de permettre un déploiement rapide des travaux, une fois les choix arrêtés et les conditions de réalisation clarifiées.
Cette inspection met en lumière un enjeu qui dépasse la simple réhabilitation immobilière : mettre les infrastructures de l’administration diplomatique au niveau des missions qu’elle assume. La modernisation devra toutefois se traduire par des décisions budgétaires, un calendrier d’exécution réaliste et un suivi rigoureux, afin que le diagnostic débouche sur des améliorations tangibles des conditions de travail et de sécurité.
JEK

