Le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, veut accélérer la transformation du potentiel agricole du Sankuru en capacités réelles de production. À la suite de sa récente mission dans cette province, il a échangé ce jeudi avec une délégation de l’Institut national pour l’étude et la recherche agronomiques (INERA) sur les moyens de redynamiser les stations de recherche agronomique et de mieux les intégrer dans la stratégie de relance productive.
La mission effectuée dans le Sankuru avait notamment permis de constater l’importance du potentiel des stations de recherche implantées dans la province, mais aussi les besoins en équipements et en capacités nécessaires à leur fonctionnement optimal. Leur redynamisation constitue, selon le ministère de l’économie nationale, un enjeu stratégique dans la perspective de la reprise des bassins de production et de l’accroissement de l’offre agricole locale.
Redynamiser la recherche pour soutenir les producteurs
Les échanges avec l’INERA ont ainsi porté sur les perspectives de réhabilitation et de redynamisation de ces structures, mais également sur leur rôle dans l’accompagnement des producteurs et des communautés rurales. L’objectif est de rapprocher davantage la recherche des réalités du terrain afin que les connaissances et les innovations agronomiques puissent se traduire par des gains de productivité directement perceptibles dans les exploitations.
Le VPM Daniel Mukoko Samba estime que la relance agricole ne peut en effet se limiter à la remise en activité des terres ou à l’amélioration des infrastructures de desserte. Elle suppose également de disposer d’une recherche agronomique capable de proposer des solutions adaptées aux différents terroirs, notamment à travers la sélection et la diffusion de semences appropriées, l’amélioration des itinéraires techniques et le renforcement des capacités des producteurs.
Cette approche rejoint la logique de redressement productif défendue par le ministère de l’Économie nationale : partir des potentialités identifiées dans les provinces, lever progressivement les contraintes qui empêchent leur valorisation et construire autour des producteurs des chaînes de valeur capables de générer revenus, emplois et approvisionnement pour les marchés locaux.
Du constat de terrain à l’action économique
Le renforcement des stations de l’INERA pourrait ainsi permettre de créer des pôles d’appui technique aux bassins de production, en établissant un lien plus étroit entre recherche, producteurs, transformation et marchés. Cette articulation est appelée à jouer un rôle dans l’amélioration de la productivité agricole et, à terme, dans la réduction de la dépendance aux importations alimentaires.
La démarche présente également un enjeu économique majeur pour la République démocratique du Congo. La valorisation des espaces agricoles nécessite en effet de traiter simultanément plusieurs maillons de la chaîne productive : disponibilité des semences, accompagnement technique, capacités de production, infrastructures de desserte, transformation et accès aux marchés.
Dans cette perspective, la rencontre avec l’INERA traduit la volonté du Gouvernement de ne pas laisser les constats issus des missions de terrain sans suite opérationnelle. Les premières pistes présentées par l’institut devront désormais être transformées en actions concrètes, en fonction des réalités et des priorités identifiées dans le Sankuru.
À travers cette démarche, Mukoko Samba entend faire de la valorisation des espaces de production et du renforcement de la capacité productive nationale des leviers de création de richesse. Une stratégie qui place la recherche agronomique, les semences, les producteurs et l’accès aux marchés au cœur du chantier de transformation de l’agriculture congolaise.
JDW

