Tournée économique de Mukoko Samba : Boende et Monkoto en entrée dans la Tshuapa profonde

Après le Sankuru, le Vice-Premier ministre de l’Économie nationale poursuit son immersion dans le Congo profond pour identifier les freins au développement et les leviers de croissance. Nouvelle étape, la province de la Tshuapa où il vient de sillonner Boende et Monkoto.

De la dégradation des infrastructures routières de Boende aux enjeux de conservation et de développement durable du Parc national de la Salonga à Monkoto, le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a entamé ce week-end une nouvelle étape de sa tournée d’évaluation économique dans les provinces enclavées de la République démocratique du Congo.

Après une semaine passée dans le Sankuru, où il avait sillonné plusieurs territoires pour dresser un état des lieux des infrastructures et du potentiel économique local, le patron de l’Économie nationale poursuit ainsi une démarche de terrain rarement observée à ce niveau de responsabilité gouvernementale. L’objectif est le même : comprendre les réalités économiques des territoires éloignés des grands centres de décision afin d’identifier les contraintes qui freinent leur intégration à l’économie nationale.

Boende, entre potentiel agricole et déficit d’infrastructures

Arrivé le 20 juin à Boende, chef-lieu de la Tshuapa, Daniel Mukoko Samba a débuté sa mission par une série de visites consacrées aux infrastructures susceptibles de soutenir le développement économique provincial.

Premier constat : le mauvais état du réseau routier demeure l’un des principaux handicaps de la province. Les échanges avec les responsables provinciaux de l’Office des Routes ont mis en évidence la dégradation avancée des axes de communication, marqués par d’importantes zones marécageuses et des digues dont l’entretien constitue un défi permanent pour les autorités locales.

Alors que l’agriculture constitue la principale activité économique dans cette province, cette situation affecte directement la circulation des personnes et l’acheminement des productions vers les marchés de consommation.

La délégation gouvernementale s’est également rendue à Loando Plantation, une exploitation agricole de cent hectares spécialisée dans la production d’huile de palme. La délégation a constaté que ce type d’initiative illustre le potentiel de création d’emplois et de richesse dont dispose encore la Tshuapa, à condition que les contraintes logistiques et infrastructurelles soient progressivement levées.

L’énergie et le transport au cœur des préoccupations

La visite de la centrale de la Société nationale d’électricité (SNEL) ainsi que celle des infrastructures portuaires de Boende ont confirmé les difficultés structurelles qui limitent l’activité économique provinciale.

Le Vice-Premier ministre a notamment inspecté le bac assurant la traversée de la rivière Tshuapa sur la Route nationale n°8, infrastructure essentielle pour la liaison entre Boende et Mbandaka. Il s’est également rendu au port de l’ONATRA et au dépôt de stockage de carburant de Shell, des équipements stratégiques pour l’approvisionnement et les échanges commerciaux de la province.

Comme au Sankuru quelques jours plus tôt, les discussions avec les notabilités locales, les représentants de la société civile, les chefs coutumiers et les députés provinciaux ont fait ressortir une préoccupation récurrente : l’enclavement demeure le principal obstacle au développement économique de la région.

Monkoto, l’économie verte comme horizon de développement

Le lendemain, la mission s’est poursuivie dans le territoire de Monkoto, l’une des portes d’entrée du Parc national de la Salonga, plus grande aire protégée forestière d’Afrique et joyau écologique du bassin du Congo.

Après un échange avec le comité local de sécurité et les représentants de la société civile, Daniel Mukoko Samba s’est rendu au siège du parc, géré par l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) en partenariat avec le Fonds mondial pour la nature (WWF). Les responsables du parc ont présenté les réalisations accomplies ainsi que les défis auxquels cette institution demeure confrontée.

Au-delà de son importance écologique mondiale, la Salonga joue un rôle économique majeur dans cette partie de la province en constituant l’un des principaux employeurs locaux et un maillon stratégique du corridor vert reliant le bassin du Congo à Kinshasa.

Face aux enjeux climatiques et de l’économie verte à travers le monde, les vastes ressources forestières de la Tshuapa apparaissent de plus en plus comme un actif économique stratégique pour la RDC.

Des besoins sociaux encore considérables

La visite de l’Hôpital général de référence de Monkoto a toutefois rappelé que les défis du développement dépassent largement les seules questions économiques. Les responsables médicaux ont fait état d’importantes insuffisances en infrastructures et en équipements, illustrant les difficultés auxquelles restent confrontées de nombreuses populations rurales du pays.

Au terme de cette deuxième étape de sa tournée dans la Tshuapa, un constat se dégage : malgré l’abondance des ressources naturelles et le potentiel agricole considérable de la province, le manque d’infrastructures de base, l’absence d’électricité fiable, les difficultés de mobilité et l’enclavement continuent de freiner son développement économique et social.

Une même réalité du Congo profond

De Lodja à Lusambo dans le Sankuru, puis de Boende à Monkoto dans la Tshuapa, la mission de Daniel Mukoko Samba met progressivement en lumière une réalité commune à de nombreuses provinces de l’intérieur du pays : des territoires riches en ressources mais encore insuffisamment connectés aux grands circuits économiques nationaux.

Pour le gouvernement, l’enjeu consiste désormais à transformer les diagnostics établis sur le terrain en programmes d’investissement capables de faire du désenclavement, de l’énergie, des infrastructures et de la valorisation des ressources locales les moteurs d’une croissance plus inclusive.

La suite de la tournée dans la Tshuapa devrait permettre d’affiner davantage ce diagnostic et d’identifier les priorités susceptibles d’accélérer l’intégration économique de l’une des provinces les plus vastes et les moins densément peuplées de la RDC.

JEK

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