Le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a clôturé vendredi sa mission économique dans la province du Sankuru par une série de visites et de consultations à Lusambo, chef-lieu provincial, mettant le doigt sur les principaux obstacles qui freinent encore le développement de cette province du centre de la République démocratique du Congo.

Après une semaine d’inspections de terrain à Lodja, Lomela, Tshumbe et Lumumba Ville, la dernière étape de cette tournée a permis de dresser un constat convergent : l’enclavement, le déficit énergétique et l’insuffisance des infrastructures publiques demeurent les principaux freins à l’intégration économique du Sankuru.
Travaux à l’arrêt sur l’aéroport de Lusambo
Dès son arrivée à l’aérodrome de Lusambo, Daniel Mukoko Samba a évalué l’état des installations aéroportuaires, considérées comme stratégiques pour l’ouverture de la province sur le reste du pays. Les responsables de la Régie des voies aériennes (RVA) lui ont présenté les contraintes qui limitent actuellement l’exploitation de l’infrastructure.
La piste d’atterrissage, longue de 1.200 mètres pour 21 mètres de largeur, ne supporte aujourd’hui que des appareils d’un poids maximal de cinq tonnes, réduisant fortement les capacités de desserte aérienne de la province.
Un projet de réhabilitation et d’allongement de la piste, identifié depuis 2015, demeure toujours en attente de mise en œuvre.
L’énergie, autre verrou du développement
Au-delà des infrastructures de transport, la question énergétique s’est imposée comme un autre enjeu majeur des échanges. Malgré la disponibilité d’équipements destinés à alimenter certaines installations publiques, leur exploitation reste limitée faute d’une source énergétique adaptée.

Des discussions ont ainsi été engagées avec l’Agence Nationale de l’Électrification et des Services Énergétiques en milieux Rural et Périurbain (ANSER) autour d’une solution reposant sur l’installation de panneaux solaires pour sécuriser l’alimentation électrique de l’aérodrome de Lusambo.
Cette problématique dépasse largement le cadre de l’aéroport. L’accès à l’électricité demeurant extrêmement limité dans cette province, l’énergie est perçue comme une condition préalable à la modernisation des services publics, au développement des activités économiques et à l’émergence d’unités locales de transformation.
Des administrations confrontées à de multiples contraintes
Lors d’une réunion de travail réunissant les membres du Conseil provincial de sécurité et plusieurs responsables des services publics, les autorités locales ont dressé un état des lieux préoccupant des difficultés auxquelles elles sont confrontées. Manque de moyens logistiques, difficultés de mobilité, instabilité des réseaux de communication, déficit d’infrastructures et absence d’établissements bancaires compliquant le paiement des agents de l’État figurent parmi les principales préoccupations soulevées.

Les participants ont notamment insisté sur l’urgence de réhabiliter l’aéroport de Lusambo ainsi que sa route d’accès, considérés comme des infrastructures essentielles pour renforcer la présence de l’État et améliorer l’attractivité économique de la province.
Pour les autorités provinciales, le développement du Sankuru reste intimement lié à sa capacité à sortir de son isolement. Malgré d’importantes ressources agricoles, forestières et humaines, la province continue de subir les conséquences économiques d’un faible niveau de connectivité avec les grands marchés nationaux.
Un diagnostic global des priorités de développement
Dans l’après-midi, le Vice-Premier ministre a poursuivi ses visites à travers plusieurs infrastructures publiques de Lusambo, notamment les bureaux de l’Office des Voiries et Drainage (OVD), le gouvernorat provincial, l’Hôpital général de référence, le site du projet solaire de l’ANSER, le chantier du château d’eau du secteur du développement rural, la Route nationale n°42 ainsi que les installations portuaires de l’Office National des Transports (ONATRA).
Ces descentes ont permis d’établir un diagnostic des infrastructures existantes et d’identifier les investissements jugés prioritaires pour soutenir la relance économique et améliorer l’accès aux services publics dans cette partie du pays.
La mission s’est finalement achevée par une séance d’échanges avec les représentants de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), les acteurs de la société civile et les notabilités locales. Au centre des discussions : les priorités économiques du Sankuru et les mécanismes susceptibles de transformer son important potentiel en opportunités concrètes de croissance.
Une tournée révélatrice des défis du Congo profond
De Lodja à Lusambo, en passant par Mukumari, Watambolo, Tshumbe et Lumumba Ville, la tournée de Daniel Mukoko Samba aura mis en évidence une réalité récurrente dans plusieurs provinces de l’intérieur du pays : l’abondance des ressources ne suffit pas à créer la prospérité sans infrastructures, énergie, connectivité et présence effective des services publics.
Pour le ministère de l’Économie nationale, les constats recueillis sur le terrain devraient alimenter les réflexions gouvernementales sur les investissements prioritaires à engager afin d’accélérer l’intégration économique du Sankuru et de faire de cette province longtemps enclavée un acteur à part entière du développement national.
JEK

