Le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, est arrivé dimanche à Lodja, dans la province du Sankuru, pour une mission économique consacrée au désenclavement de cette région du centre de la République démocratique du Congo, parmi les plus enclavées du pays malgré son important potentiel agricole et naturel.
Selon le ministère de l’Économie nationale, cette mission s’inscrit dans la stratégie gouvernementale visant à réduire les disparités territoriales en favorisant une meilleure intégration des provinces de l’intérieur aux circuits nationaux de production et de commercialisation.
À son arrivée, le Vice-Premier ministre a tenu une séance de travail avec les autorités territoriales et les responsables locaux afin d’identifier les priorités économiques du territoire avant d’entamer une série de visites de terrain destinées à évaluer les contraintes structurelles qui freinent le développement de cette partie du pays. « Cette démarche s’inscrit dans la volonté du Gouvernement de promouvoir des mécanismes économiques susceptibles de stimuler les échanges, d’améliorer l’accès aux marchés et de renforcer les dynamiques locales de développement », a indiqué le ministère dans son communiqué.

Un territoire au potentiel important mais pénalisé par l’enclavement
Située au cœur du pays, la province du Sankuru demeure l’une des moins connectées aux grands centres économiques nationaux. Les difficultés de transport, la dégradation des infrastructures routières et l’insuffisance des moyens logistiques constituent depuis plusieurs décennies les principaux obstacles à son développement.
Chef-lieu du territoire portant le même nom, Lodja occupe une position stratégique dans la province. Toutefois, l’acheminement des marchandises vers les grands marchés de Kinshasa, Mbuji-Mayi ou Lubumbashi demeure coûteux et irrégulier, ce qui pénalise les producteurs locaux et limite les opportunités d’investissement.
Selon plusieurs études économiques, le coût du transport peut représenter une part importante du prix final des produits agricoles dans cette région, réduisant considérablement la compétitivité des filières locales.
Le Sankuru, un réservoir agricole au centre du pays
Malgré ces contraintes, le Sankuru dispose d’importantes ressources économiques encore largement sous-exploitées. La province est en effet reconnue pour sa production agricole, notamment le manioc, le maïs, le riz, l’arachide, le haricot, la banane plantain et diverses cultures maraîchères. L’élevage, la pêche et les produits forestiers non ligneux constituent également des sources importantes de revenus pour les populations rurales.
Le Sankuru possède en outre de vastes ressources forestières et un important potentiel hydrographique grâce à son réseau de rivières, dont la rivière Sankuru, qui traverse une grande partie de la province.
Les experts considèrent également que la province recèle plusieurs ressources minières encore peu explorées, tandis que sa position géographique au centre du pays lui confère un rôle potentiel de carrefour économique entre les espaces orientaux et occidentaux de la RDC.
Réduire les fractures économiques territoriales
La mission de Daniel Mukoko Samba intervient dans un contexte où le gouvernement multiplie les initiatives visant à renforcer l’intégration économique des provinces enclavées. Ces derniers mois en effet, le ministère de l’Économie nationale a notamment mis l’accent sur le développement des corridors économiques, la modernisation des chaînes d’approvisionnement et la promotion de la production locale afin de réduire les coûts logistiques qui pèsent sur les activités économiques à l’intérieur du pays.
Pour Mukoko Samba, le désenclavement du Sankuru représente un enjeu stratégique non seulement pour améliorer les conditions de vie des populations locales, mais également pour valoriser le potentiel productif d’une province dont les ressources agricoles et naturelles demeurent largement inexploitées.
Les visites de terrain prévues à Lodja devraient ainsi permettre d’identifier des pistes d’intervention prioritaires en matière d’infrastructures économiques, d’accès aux marchés et de soutien aux filières locales, dans la perspective d’une meilleure intégration de cette province au tissu économique national.
Jonas Eugène Kota

