La République démocratique du Congo accélère sa riposte économique pour défendre ses filières agricoles stratégiques. À peine de retour de Washington, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a reçu ce lundi une délégation de l’Association des exportateurs de cacao-café, conduite par son président national Benjamin Kakule Munzenda, pour faire le point sur les réformes engagées.
Au cœur des échanges : un satisfecit partagé des opérateurs du Nord-Est du pays, qui saluent une série de mesures jugées déterminantes pour la relance de la filière.

Fin d’une taxe décriée et soulagement des producteurs
Parmi les avancées majeures figure la suppression de la taxe de 10 dollars par tonne de cacao exporté en Ituri. Longtemps dénoncée par les acteurs du secteur, cette mesure est perçue comme un levier immédiat de compétitivité.
Pour les producteurs, cette décision allège les coûts et redonne de la marge à une filière déjà fragilisée par les contraintes logistiques et les fluctuations des marchés internationaux.
Accès au marché européen préservé
Autre front stratégique : la bataille réglementaire avec l’Union européenne autour des exigences liées à la déforestation. Selon les autorités congolaises, les efforts diplomatiques engagés commencent à porter leurs fruits, permettant de sécuriser l’accès du cacao congolais aux marchés internationaux.
Un enjeu crucial pour un pays qui ambitionne de renforcer sa présence dans les chaînes de valeur agricoles mondiales.
Vers une souveraineté de la certification
Au-delà des mesures conjoncturelles, Kinshasa affiche une ambition plus structurelle : reprendre le contrôle des mécanismes de certification. Julien Paluku Kahongya a ainsi annoncé un appui américain destiné à former des experts congolais dans ce domaine. Objectif : réduire la dépendance vis-à-vis d’intervenants extérieurs, souvent accusés de freiner les réformes et de favoriser certaines pratiques frauduleuses.
Une étape clé pour asseoir la crédibilité des produits « made in DRC » sur les marchés internationaux.
Cap sur l’Est pour accompagner la transformation
Dans la foulée, le ministre a confirmé l’organisation prochaine d’une vaste campagne de sensibilisation dans l’Est du pays. Cette initiative vise à accompagner les producteurs dans l’appropriation des nouvelles exigences du marché et à améliorer les performances de la filière.
Pour le gouvernement, l’enjeu dépasse le seul cacao-café : il s’agit de faire de l’« or brun » un pilier de diversification économique, dans une logique de souveraineté et de création de valeur locale. Avec ces mesures, la RDC entend envoyer le signal d’un État déterminé à protéger ses producteurs tout en s’imposant comme un acteur crédible sur les marchés agricoles mondiaux.
JDW

