Quelques jours après la signature à Abu Dhabi de l’Accord de Partenariat Économique Global (APEG) entre la République démocratique du Congo (RDC) et les Émirats arabes unis, la délégation congolaise poursuit son offensive diplomatique et économique à Dubaï, à l’occasion du World Governments Summit (WGS) 2026, organisé du 3 au 5 février.
Selon un compte rendu du ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku, fait sur son compte X, cette séquence, allant d’Abu Dhabi à Dubaï, s’inscrit dans une même logique stratégique : positionner la RDC dans les nouveaux standards de gouvernance, de transparence économique et de modernisation de l’État.
Un sommet d’ampleur inédite
L’édition 2026 du World Governments Summit est qualifiée d’historique par ses organisateurs. Elle réunit plus de 40 chefs d’État et de gouvernement, ainsi que près de 500 ministres venus de toutes les régions du monde, confirmant le rôle croissant de Dubaï comme carrefour diplomatique et économique mondial.

La RDC y est représentée au plus haut niveau par le Président Félix-Antoine Tshisekedi, accompagné de plusieurs membres du gouvernement, dans un contexte marqué par la volonté de Kinshasa d’ancrer ses réformes économiques dans une dynamique internationale.

La science et l’intelligence artificielle au cœur des politiques publiques
Grande nouveauté de cette édition, le lancement du World Laureates Summit, organisé en parallèle du WGS. Cette plateforme a réuni 150 des plus grands scientifiques mondiaux, parmi lesquels des prix Nobel et des médaillés Fields, avec pour objectif d’intégrer la science de pointe directement dans les processus de décision politique.
Les débats de ce mardi 3 février ont été largement dominés par la question de l’intelligence artificielle, désormais envisagée non plus comme un simple outil technologique, mais comme un pilier de la réforme de l’État, de l’efficacité administrative et de la transparence publique.
Cinq priorités pour “façonner les gouvernements de demain”
Le sommet s’est articulé autour de cinq grandes thématiques, reflétant les mutations profondes de la gouvernance mondiale : Gouvernance et leadership efficace, dans un environnement géopolitique fragmenté ; Bien-être sociétal, avec un recentrage des politiques publiques sur l’humain ; Prospérité économique, explorant de nouveaux modèles de croissance et l’avenir du commerce mondial ; Villes du futur, axées sur l’urbanisation durable et les transitions démographiques ; Frontières de demain, incluant l’exploration spatiale, les biotechnologies et la santé du futur.
Une cohérence assumée avec l’accord RDC–Émirats

D’après le ministre Julien Paluku, les thématiques développées au WGS 2026 offrent à la RDC des pistes concrètes pour accélérer son développement, en parfaite cohérence avec l’esprit de l’APEG signé le 2 février 2026 à Abu Dhabi. L’accord avec les Émirats est présenté comme un premier acte opérationnel d’une stratégie plus large visant à importer des modèles de performance administrative, d’agilité institutionnelle et de transparence économique.
Modernité et survie économique
Pour Kinshasa, le message issu de Dubaï est sans équivoque : la modernité n’est plus un choix, mais une nécessité stratégique. Dans un environnement international marqué par la concurrence des économies émergentes et la recomposition des chaînes de valeur, la RDC cherche à transformer ses partenariats en leviers de réforme interne.
La mise en œuvre effective de l’Accord de Partenariat Économique Global avec les Émirats arabes unis apparaît ainsi comme le premier test concret de cette ambition, au croisement de la diplomatie économique, de la gouvernance moderne et de l’intégration de la RDC dans les standards internationaux du commerce et de l’État du futur.
Jonas Eugène Kota

