Après le rendez-vous manqué du 21 octobre, la RDC et le Rwanda signent enfin le cadre d’intégration économique régional

À Washington D.C., la République démocratique du Congo et le Rwanda ont franchi une étape majeure vers la consolidation de la paix dans les Grands Lacs en paraphe le Cadre d’intégration économique régionale, renforçant la coopération économique et le développement mutuel, sous l’œil attentif des États-Unis, du Qatar, du Togo et de l’Union africaine.

Deux semaines après l’échec de la signature prévue le 21 octobre dernier, la République démocratique du Congo (RDC) et la République du Rwanda ont enfin concrétisé, le 7 novembre 2025, le paraphe du Cadre d’intégration économique régionale, à l’occasion de la quatrième réunion du Comité conjoint de surveillance de l’Accord de paix. La rencontre, tenue à Washington D.C. sous la facilitation des États-Unis, du Qatar, du Togo et de la Commission de l’Union africaine, a marqué un tournant dans la mise en œuvre de l’accord signé le 27 juin 2025.

Lors de cette rencontre, un pas significatif a été accompli avec le paraphe du Cadre d’intégration économique régionale (FIER) par les deux pays, supervisé par le sous-secrétaire Hooker et le conseiller principal Boulos. Le FIER définit les principaux axes de coopération économique et de développement bilatéral, visant à démontrer les bénéfices tangibles de la paix et à créer des opportunités d’investissement pour les populations locales. Cependant, sa mise en œuvre reste conditionnée par l’exécution des concepts opérationnels et des ordres prévus par l’Accord de paix, soulignant l’interdépendance entre paix, stabilité et développement économique.

Cette signature marque également la concrétisation d’un processus qui avait été plusieurs fois reporté. Initialement, la RDC avait refusé de parapher le cadre économique tant que certaines conditions de sécurité n’étaient pas remplies, notamment le retrait d’environ 90 % des troupes rwandaises présentes sur son territoire. Ce préalable s’inscrivait dans les engagements pris par le Rwanda dans l’Accord de paix du 27 juin 2025, qui prévoit le désengagement militaire et la levée des mesures défensives. Les responsables congolais avaient insisté pour que la sécurité et la stabilité sur le terrain soient garanties avant d’avancer sur les volets économiques et d’investissement. Le report avait été perçu comme un revers pour le processus de paix, soulignant le lien indissociable entre sécurité et intégration économique.

Le Comité a reconnu des retards dans l’application de l’accord mais s’est engagé à intensifier les efforts. Les parties ont fixé des actions à court terme pour neutraliser le groupe armé des FDLR et ses affiliés, avancer dans le désengagement des forces et la levée des mesures défensives par le Rwanda, et examiner les préparatifs militaires dans des zones d’intérêt stratégique. L’adoption d’un accord de mise en œuvre a été saluée, tout comme les initiatives concrètes déjà entreprises sur le terrain. Les signataires ont également réaffirmé leur engagement à éviter toute action ou rhétorique hostile pouvant compromettre l’accord, y compris dans les forums internationaux.

Le Qatar a fait le point sur les négociations en cours à Doha entre la RDC et l’AFC/M23, notant des progrès sur des questions sensibles comme les échanges de prisonniers. Le Comité a salué la première convocation du mécanisme de suivi du cessez-le-feu à Doha, le 5 novembre, et a insisté sur l’importance de ce processus pour le succès global de l’Accord de paix.

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