COP30 – Belém : Marie Nyange dénonce “l’écocide silencieux” qui ravage la biodiversité de la RDC

En marge de la COP30, la ministre congolaise de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du Climat, Professeure Marie Nyange Ndambo, a livré un message fort lors d’une conférence internationale sur les crimes environnementaux, organisée à Rio de Janeiro à l’initiative du Prince William du Royaume-Uni.

Face à un parterre de dirigeants, de scientifiques et de défenseurs de la nature, la ministre a dénoncé l’ampleur des atteintes portées aux écosystèmes congolais, qu’elle a qualifiées d’ »écocide » et de « génocide écologique ».

« L’écocide est une initiative que nous avions soutenue dès sa création, mais dont nous sommes aujourd’hui les victimes », a déclaré la ministre, la voix grave avant d’ajouter : « Ces crimes se multiplient dans nos forêts et nos parcs, appauvrissant nos populations et compromettant notre avenir commun. »

Virunga, symbole d’une biodiversité menacée

Au cœur de son intervention, Marie Nyange a mis en lumière la tragédie écologique qui frappe le Parc national des Virunga, sanctuaire mondialement reconnu de la biodiversité, aujourd’hui ravagé par les conflits armés à l’Est de la RDC. Elle a souligné que la guerre en cours dans cette région ne détruit pas seulement des vies humaines, mais aussi l’un des plus grands poumons verts de la planète, où se côtoient gorilles de montagne, éléphants, oiseaux rares et forêts millénaires.

« Ce qui se joue à l’Est du Congo n’est pas seulement une guerre. C’est un génocide humain et écologique. C’est la destruction délibérée d’un écosystème essentiel à l’équilibre du climat mondial », a-t-elle martelé.

Selon elle, les conséquences de cette double tragédie sont dévastatrices : perte accélérée de la biodiversité, dérèglement du climat local et mondial, insécurité alimentaire croissante, et paupérisation des communautés locales et des peuples autochtones.

Un plaidoyer pour une justice environnementale mondiale

La ministre congolaise a lancé un appel pressant à la communauté internationale, demandant des mécanismes concrets de protection des écosystèmes congolais et la reconnaissance juridique internationale de l’écocide comme crime contre la planète.

Elle a exhorté les États, les bailleurs et les ONG à agir au-delà des discours, estimant que les promesses non tenues en matière de financement climatique et de protection des forêts aggravent les vulnérabilités du Sud.

« Protéger notre environnement n’est pas seulement une obligation légale, c’est un devoir mondial et patriotique », a-t-elle insisté. Elle a aussi fait remarquer que « détruire nos forêts, nos rivières et notre faune, c’est détruire notre identité, notre richesse et notre avenir. »

Son message a trouvé un écho particulier à la veille du sommet des dirigeants mondiaux de la COP30, qui se tient à Belém sur le thème de la “justice climatique et de l’action concrète”.

La RDC au centre de la diplomatie climatique mondiale

Cette intervention s’inscrit dans le cadre des efforts diplomatiques déployés par la RDC pour défendre sa position de pays-solution à la crise climatique.

Sous la coordination de Marie Nyange Ndambo, le pays a intensifié sa préparation nationale avant la COP30 à travers la Semaine congolaise du climat, organisée à Kinshasa fin octobre. Cet événement a permis de définir une position unifiée, axée sur la protection des forêts du bassin du Congo, la valorisation du marché du carbone et la promotion d’une économie verte inclusive.

Grâce à cette stratégie, la RDC entend peser davantage dans les négociations internationales, en plaidant pour une juste compensation climatique et une reconnaissance mondiale de son rôle écologique vital.

Alors que la COP30 s’ouvre dans un climat d’urgence écologique, Marie Nyange Ndambo s’impose comme l’une des voix africaines les plus engagées pour une justice climatique réelle. Entre diplomatie, plaidoyer et action, la ministre congolaise transforme la douleur écologique du Congo en un cri universel pour la planète : « La défense de la forêt congolaise, c’est la défense du climat mondial. »

JDW

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *