RDC–Égypte : Julien Paluku ouvre un nouveau front industriel de la ZLECAF avec le géant égyptien NASPS

La République démocratique du Congo (RDC) poursuit son offensive diplomatique et économique au sein de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Après l’évaluation d’un protocole avec Mahmoud Holding, la délégation congolaise, conduite par le ministre du Commerce extérieur Julien Paluku Kahongya, a conclu ses travaux au Caire par une rencontre de haut niveau avec la société égyptienne NASPS (National Company for Advanced Industries and Integrated Strategic Printing Solutions).

Le Directeur général de NASPS, Ahmed Mohamed Abdel-Salam, a été invité à Kinshasa pour la foire congolo-égyptienne prévue en novembre 2025, où il présentera aux opérateurs économiques congolais les succès de son groupe et les perspectives d’une implantation locale. « NASPS représente un investissement majeur dans l’industrialisation et l’innovation technologique, et son modèle pourrait inspirer d’autres pays africains », a résumé un membre de la délégation congolaise.

Un géant égyptien aux ambitions panafricaines

NASPS est l’une des vitrines industrielles du Caire. Ce complexe, inauguré en 2021, a nécessité plus d’un milliard de dollars d’investissements et regroupe des unités de production de pointe : documents sécurisés, passeports biométriques, cartes intelligentes, hologrammes et solutions de traçabilité. Sa mission : réduire la fraude documentaire et soutenir la stratégie de numérisation égyptienne, tout en exportant son savoir-faire.

L’intérêt de la RDC est clair : la sécurisation des documents officiels, le transfert de compétences technologiques et l’émergence d’un hub industriel local. Kinshasa entend capitaliser sur la ZLECAf pour réduire sa dépendance aux importations et créer des chaînes de valeur intégrées à l’échelle régionale.

Diplomatie économique en marche

Ce rapprochement s’inscrit dans une séquence plus large. Ainsi que nous l’indiquions dans nos publications récentes sur le même sujet, la Première ministre Judith Suminwa et le ministre Paluku multiplient les déplacements au Caire depuis plusieurs mois, avec pour objectif d’attirer les capitaux égyptiens et de positionner la RDC comme un acteur incontournable de la ZLECAf. L’Ambassadeur de la RDC en Égypte, Jean-Baptiste Kasongo, joue un rôle clé dans cette dynamique. « Il ne cesse de faciliter les échanges et de promouvoir la coopération économique et commerciale bilatérale », souligne la délégation congolaise.

Opportunité et défis

Si une implantation de NASPS à Kinshasa se concrétise, elle offrirait au pays un levier stratégique :

• Souveraineté documentaire : réduire les fraudes et moderniser les administrations.

• Industrialisation : développer une filière de haute technologie, génératrice d’emplois qualifiés.

• Synergies régionales : inscrire la RDC dans les chaînes de valeur africaines prévues par la ZLECAf.

Reste à surmonter des défis structurels : infrastructures énergétiques fragiles, climat des affaires exigeant, cadre réglementaire en évolution.

Un signal à suivre

La rencontre de Kinshasa en novembre servira de test grandeur nature. Si NASPS confirme son intérêt, le partenariat pourrait marquer une étape majeure dans la transformation économique congolaise et donner le ton à d’autres coopérations industrielles intra-africaines

JDW

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