Genève – Conseil des droits de l’Homme : Félix Tshisekedi demande officiellement la reconnaissance du génocide en RDC

« Trop souvent, ces tragédies ont été minimisées, relativisées, parfois niées. Aujourd’hui, il est temps de briser le silence. » Par ces mots, le président congolais Félix Tshisekedi a ouvert son intervention par téléconférence à l’occasion de la 60ᵉ session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève. Ce moment, aussi solennel qu’historique, marque la première formulation officielle et formelle de la demande de reconnaissance du génocide qui sévit en République démocratique du Congo depuis plus de trente ans.

« Depuis plus de trente ans, nos populations paient un tribut humain insoutenable : familles décimées, villages rayés de la carte, femmes et enfants brisés par des crimes planifiés et systématiques », a-t-il rappelé. « Ces atrocités relèvent, pour certains actes, de la logique du génocide. Reconnaître ces crimes, c’est protéger l’avenir et garantir que de telles horreurs ne se répètent jamais. »

Le président Tshisekedi a insisté sur le fondement juridique et la dimension concrète de sa démarche. « Notre plaidoyer se fonde sur des assises juridiques incontestables et sur un corpus de rapports concordants, nationaux et internationaux. Il ne s’agit pas d’émotions, mais de droits », a-t-il affirmé. Trois axes structurent son action :

  1. Cartographier les faits à caractère génocidaire commis en RDC au cours des 30 dernières années.
  2. Établir l’existence de génocides selon les critères reconnus par le droit international.
  3. Mettre en place une architecture de justice transitionnelle, garantissant vérité, poursuite et réparation adaptées aux réalités congolaises.

« Notre génération a la responsabilité de rompre le cycle déni-impunité-récidive », a-t-il ajouté. « La stabilité de toute une région dépend de notre capacité à dire le vrai, à juger le criminel, à réparer l’irréparable et à garantir la non-répétition. »

Le président a également lancé un appel direct aux États, aux institutions internationales et à la société civile :

  • « Appuyez l’établissement d’un mécanisme international robuste de vérité et de qualification juridique des crimes. »
  • « Garantissez la protection des civils aujourd’hui, la justice pour les victimes hier et des garanties crédibles de non-répétition demain. »
  • « Reconnaître un génocide, ce n’est pas diriger un combat contre une communauté. C’est servir l’humanité. »

Avec cette initiative, la RDC cherche à mettre fin au cycle de déni et d’impunité et à mobiliser la communauté internationale autour d’une cause universelle : « Ne pas oublier, ne jamais répéter, commencer à guérir. »

Diplomatie religieuse et FONAREV dans la dynamique de vérité et justice

Cette démarche s’inscrit dans une stratégie diplomatique audacieuse, mêlant engagement étatique et diplomatie religieuse. Sous le leadership de Félix Tshisekedi, en effet, la RDC a accueilli en juillet 2025 à Kinshasa des pasteurs américains du Bureau de la Foi de la Maison Blanche, dans le cadre d’une visite historique. À partir de cette initiative, le Pasteur Johnson Travis, membre du Bureau de la Foi qui avait conduit cette délégation, a lancé aux États-Unis une pétition visant à collecter un million de signatures pour la reconnaissance du génocide congolais, promouvant ainsi vérité, justice et réparation. L’ambassadeur itinérant Antoine Ghonda Mangalibi, décrit comme « clairvoyant » de par sa dextérité diplomatique, conduit cette diplomatie innovante à l’international.

Sous la conduite de Félix Tshisekedi et de ses partenaires religieux et diplomatiques, la reconnaissance du génocide congolais devient une démarche internationale combinant justice, mémoire et réparation, offrant une lueur d’espoir aux victimes et un message clair à la communauté internationale : la paix ne se décrète pas, elle se construit sur la vérité.

Dans le même temps, la RDC entreprend déjà un exercice de mémoire pour les victimes des tueries des trente dernières années. Le FONAREV (Fonds National pour la Réhabilitation et la Mémoire des Victimes) a été mise en place et des sites de mémoire sont progressivement implantés à travers le pays, afin de préserver la mémoire des victimes, accompagner les survivants et consolider la réconciliation nationale.

Jonas Eugène Kota

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