Par Jonas Eugène Kota
Dans un podcast exceptionnel animé cette semaine par le pasteur américain Travis Johnson, également membre du Bureau de la Foi de la Maison Blanche, l’ambassadeur itinérant du Président de la RDC, Antoine Ghonda Mangalibi, a pris la parole pour dresser un état des lieux de la situation sécuritaire dans l’Est du pays et appeler la communauté internationale à un engagement concret en faveur de la paix, de la justice et de la réparation.
Cette initiative d’information et de vérité s’inscrit dans le cadre de la diplomatie religieuse lancée par le président Félix Tshisekedi et conduite par l’ambassadeur Ghonda, visant à soutenir la diplomatie classique et les efforts de paix dans la région des Grands Lacs, alors que le pays est confronté depuis trente ans à un véritable génocide silencieux.
La RDC sur la carte mondiale
Ghonda a rappelé que l’objectif principal de cette diplomatie accompagnatrice est de consolider le positionnement de la RDC « sur la carte du monde », après des décennies d’inaction internationale face aux massacres, aux violences sexuelles et au pillage des ressources naturelles. « Nous ne pouvons plus accepter que le monde ferme les yeux sur ce qui se passe dans l’Est de notre pays. Chaque jour, des vies sont brisées et nos enfants grandissent avec la peur comme compagnon », a dénoncé avec gravité le missi dominici de Félix Tshisekedi qui est de nouveau en route pour les Etats-Unis dans la suite de cette offensive diplomatique et évangélique.
L’ambassadeur a souligné que la prière, l’engagement religieux et la mobilisation des communautés chrétiennes sont des instruments puissants pour attirer l’attention des dirigeants mondiaux et susciter des changements concrets sur le terrain. D’où la nécessité de maintenir cette flamme allumée, objet de sa toute prochaine tournée aux Etats-Unis.
« La meilleure arme n’est pas seulement militaire, c’est la prière et la foi. Nous devons réveiller les consciences internationales pour que le sang congolais ne continue pas à être versé en silence », a affirmé Ghonda.
Une diplomatie de l’espoir
L’ambassadeur a rappelé que la RDC est une terre de richesse exceptionnelle, mais que cette abondance naturelle est devenue source de conflits et de souffrance pour ses habitants.
« Cette richesse que Dieu a mise en RDC doit servir l’humanité, et non pas être une porte de l’enfer. Si nous ne changeons rien, nos enfants hériteront d’un pays en ruine », a-t-il insisté.
Ghonda a également dénoncé l’exploitation des populations locales et des enfants dans les mines, appelant à un commerce éthique qui bénéficie aux Congolais eux-mêmes. « Il est temps que ceux qui exploitent notre terre et nos enfants rendent des comptes. La justice ne peut plus être optionnelle », a-t-il martelé.
Au fil de l’échange, l’ambassadeur a salué le rôle du président Félix Tshisekedi et la reconnaissance accordée aux militaires ayant donné leur vie pour la sécurité du pays. « Nos soldats sont des héros. Ils ne se battent pas seulement pour des frontières, mais pour la dignité de tout un peuple. Leur sacrifice mérite notre respect et notre prière », a-t-il déclaré avec émotion.
La pensée américaine au service de la RDC
Les participants américains au podcast ont exprimé une solidarité profonde avec la RDC, incarnant une opinion évangélique et citoyenne qui s’aligne avec l’action de Ghonda. Dans ce contexte, il a invité les communautés internationales à ne pas se contenter de paroles : « Nous avons besoin d’actions concrètes, pas seulement de compassion verbale. Chaque prière doit se traduire par un engagement politique, humanitaire ou diplomatique », a insisté l’ambassadeur.
Paix, prospérité et réveil spirituel
Au cœur du podcast, Ghonda a présenté sa vision pour un Congo pacifié et prospère, une vision insufflée par les orientations du Président Tshisekedi : un pays où la richesse naturelle sert le bien commun, où les violences cessent, et où un réveil spirituel transforme les cœurs et les sociétés. « Nous rêvons d’un Congo où la paix ne sera pas un mot dans un communiqué, mais une réalité vécue par chaque famille. Nous pouvons y arriver si chacun prend sa part de responsabilité », a-t-il affirmé, concluant sur une note d’espoir et d’urgence.
Il a également rappelé : « La diplomatie ne peut pas se limiter aux bureaux et aux chancelleries. Chaque Congolais, chaque prière, chaque voix compte pour transformer notre destin collectif. »
Contexte et enjeux diplomatiques
La réalisation de ce podcast s’inscrit dans un contexte particulièrement chargé sur le plan diplomatique et sécuritaire. Alors que les négociations se poursuivent à Doha et à Washington pour finaliser les accords de paix entre la RDC et le Rwanda, ainsi qu’entre le Gouvernement congolais et les rebelles pro-rwandais du M23/AFD, la situation sur le terrain reste fragile. Malgré le cessez-le-feu, l’escalade des affrontements continue à certains fronts, mettant en évidence l’inefficacité des mesures adoptées jusqu’ici pour garantir la paix durable. Cela alors que continuent de s’alourdir les statistiques macabres des tueries à l’instar de celles du parc des Virunga où le M23 et ses appuis militaires rwandais ont tué plus de 140 civils agriculteurs.
Parallèlement, l’actualité internationale est marquée par l’approche de la rentrée, avec la tenue de l’Assemblée générale des Nations Unies et, en parallèle, le side event majeur de la commission paix et la sécurité de l’Union africaine, sous la présidence de João Lourenço. Ces rendez-vous offrent des occasions cruciales pour intensifier les pourparlers et promouvoir la cause de la paix, de la justice et de la vérité en RDC, éléments centraux de l’agenda diplomatique et humanitaire auquel Antoine Ghonda reste activement associé.
Jonas Eugène Kota

