Kananga : Judith Suminwa revient sur le terrain, Mbombo cristallise les attentes

De la voirie à l’eau potable, plusieurs projets ont avancé depuis le précédent passage de la Première ministre. Mais au Kasaï-Central, l’attente majeure reste celle d’une électricité disponible et durable, que le barrage de Mbombo est censé apporter en complément de Katende.

À Kananga, l’accueil réservé à Judith Suminwa Tuluka avait valeur de message : la population attendait que les engagements se traduisent en changements tangibles. Revenue pour la deuxième fois en moins d’un an dans le chef-lieu du Kasaï-Central, la Première ministre a pu mesurer les progrès réalisés, évaluer les retards et accélérer les projets de développement.

Au cœur des attentes, le barrage hydroélectrique de Mbombo, dont la concrétisation pourrait changer durablement le quotidien des ménages.

Reçue par une délégation conduite par le gouverneur Joseph-Moïse Kambulu Nkonko, la cheffe du gouvernement a également bénéficié d’un accueil populaire chaleureux. Une ferveur qui ne vaut toutefois pas quitus : derrière les marques de sympathie, les habitants réclament davantage de résultats.

« Lorsqu’elle était venue précédemment, nous avons ensuite vu des améliorations sur le terrain. Nous sommes contents. Qu’elle vienne elle-même palper la réalité. Mais nous voulons plus de changement encore », témoigne Jean Kalala, vendeur ambulant.

Mbombo, l’électricité comme test de crédibilité

L’enjeu principal de cette nouvelle visite se concentrait sur le projet de barrage de Mbombo, sur la rivière Lulua. Pour le Kasaï-Central, cette infrastructure représente une solution attendue face aux difficultés d’approvisionnement électrique, dans l’attente de l’achèvement du barrage de Katende.

Le gouverneur Joseph-Moïse Kambulu distingue les fonctions attendues des deux infrastructures : « Mbombo à côté de Katende représente un palliatif très important. Katende va nous apporter du courant industriel […], alors que Mbombo va nous donner du courant domestique. Mbombo vient vite alors que Katende prend un peu de temps. »

Avec un délai de construction annoncé d’environ 18 mois, Mbombo nourrit l’espoir d’une amélioration relativement rapide de la desserte des ménages. Mais la population reste prudente après plusieurs annonces de lancement qui n’ont pas encore produit les résultats espérés.

« Il y a eu plusieurs lancements de ce barrage de Mbombo. Mais avec l’arrivée de maman, nous avons bon espoir que les lampes vont enfin s’allumer et durablement », confie André Kande, fonctionnaire de l’État.

Au-delà du calendrier, le véritable défi sera donc de passer des annonces à l’exécution effective, puis de garantir une fourniture d’électricité suffisamment régulière pour répondre aux besoins domestiques et soutenir l’activité économique.

Des avancées visibles, mais des besoins toujours pressants

Le précédent déplacement de Judith Suminwa avait été suivi de plusieurs réalisations mises en avant par les autorités provinciales. Parmi elles figure la réhabilitation complète de 11 kilomètres de voirie urbaine entre l’aéroport et la cathédrale Notre-Dame.

Sur l’axe Kananga-Kalamba Mbuji, la modernisation aurait progressé sur environ 60 kilomètres, tandis que 180 kilomètres supplémentaires, encore en terre, sont annoncés comme entretenus et praticables jusqu’à la frontière angolaise.

La fourniture électrique en ville s’est également améliorée grâce à la combinaison des installations de la Société nationale d’électricité (SNEL) et d’une centrale photovoltaïque. Dans le secteur de l’eau, une usine de captage lancée à la confluence des rivières Lulua et Lubi contribuerait à porter à environ 60 % le taux d’approvisionnement des ménages, selon les données communiquées.

Ces avancées donnent du contenu à la démarche de suivi revendiquée par la Première ministre. Elles ne dissipent cependant pas toutes les difficultés d’une province où l’accès à l’électricité, à l’eau et aux infrastructures demeure un enjeu majeur du développement.

La proximité gouvernementale à l’épreuve des résultats

Après le Maniema, le Kongo Central et désormais le Kasaï-Central, Judith Suminwa multiplie les déplacements destinés à rapprocher l’action gouvernementale des réalités locales. L’approche consiste à se rendre sur les sites concernés, à apprécier l’état d’avancement des projets et à identifier les obstacles qui freinent leur mise en œuvre.

Cette méthode s’inscrit dans les engagements du président Félix-Antoine Tshisekedi et dans les priorités du Programme d’actions du gouvernement 2024-2028. Mais sa portée se mesurera moins au nombre de visites qu’à la capacité de l’exécutif à achever les chantiers, respecter les délais et améliorer concrètement les conditions de vie.

À Kananga, le signal est clair : les habitants reconnaissent les progrès déjà enregistrés, mais attendent désormais un changement d’échelle. Pour eux, le succès de cette nouvelle étape aura un indicateur simple et quotidien : voir les lampes rester allumées. Le barrage de Mbombo est ainsi appelé à devenir bien plus qu’un chantier énergétique : un test de la capacité de l’État à transformer les promesses de développement en services accessibles à la population.

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