Barrage de Mbombo : 30 millions USD annoncés pour relancer le chantier de l’électricité à Kananga

Après des années d’attente et plusieurs tentatives infructueuses, le projet du barrage hydroélectrique de Mbombo prend désormais corps. En séjour au Kasaï-Central, la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a annoncé une contribution de 30 millions de dollars du Gouvernement congolais, à travers le Fonds de promotion de l’industrie (FPI), pour amorcer les travaux de cette infrastructure dont le coût global est évalué à 120 millions de dollars.

Ce projet devrait renforcer l’approvisionnement de Kananga et de ses environs en énergie électrique dont le déficit actuel continue de freiner l’activité économique.

L’annonce a été faite mardi devant une foule venue, malgré la pluie, écouter la Cheffe du Gouvernement à la base-vie du projet, dans le village de Tshibambula.

L’enjeu, au-delà du montage financier, est de débloquer le montage du projet afin de permettre une implication accrue des investisseurs privés dans le cadre d’un partenariat public-privé.

Un investissement de 120 millions de dollars

Prévue sur la rivière Lulua, à environ 15 kilomètres de Kananga, la centrale de Mbombo devrait afficher une capacité de production d’environ 20 mégawatts. Le projet est piloté par Hydro Mbombo SAS, une société créée conjointement par le FPI et l’Agence nationale de l’électrification et des services énergétiques en milieux rural et périurbain (ANSER).

La contribution publique annoncée représente un quart du coût global estimé. Cette part est présentée comme un levier destiné à favoriser la mobilisation du financement complémentaire et à faire avancer un chantier longtemps attendu dans la province.

L’annonce devra désormais se traduire en engagements financiers effectifs, en calendrier d’exécution et en travaux visibles. Car, pour les habitants du Kasaï-Central, le défi ne se mesure pas seulement au montant annoncé, mais à la perspective de disposer enfin d’une alimentation électrique plus fiable.

L’électricité, condition du développement provincial

Loin de poser seulement un problème de confort domestique, le déficit énergétique combattu par ce projet pèse sur les structures sanitaires, les établissements scolaires, les petites entreprises et les perspectives d’industrialisation du Kasaï-Central.

Le gouverneur de province, Joseph-Moïse Kambulu, a présenté Mbombo comme une infrastructure dont la portée dépasse la seule production d’électricité. Selon lui, elle pourrait contribuer à convertir les potentialités locales en activités économiques et en améliorations concrètes des conditions de vie.

Une alimentation électrique plus régulière offrirait notamment de meilleures conditions de fonctionnement aux services de santé et aux écoles, tout en facilitant le développement des activités productives. Elle pourrait également soutenir la transformation locale des ressources agricoles et minières, à condition que l’offre d’électricité soit accompagnée d’investissements et de débouchés économiques.

Suminwa veut passer des promesses aux réalisations

En revenant à Kananga après une précédente visite en mai 2025, Judith Suminwa a voulu inscrire l’annonce dans une logique de suivi des engagements publics. Elle a reconnu que les attentes de la population restaient importantes et que les réalisations engagées ne répondaient pas encore à l’ensemble des besoins.

« Le Kasaï-Central ne demande pas de faveur, mais sa juste part du développement. Le Gouvernement que je dirige a le devoir de transformer cette exigence légitime en réalisation concrète », a-t-elle déclaré.

La Première Ministre a également rappelé les autres chantiers engagés dans la province : modernisation des infrastructures routières et aéroportuaires, relance du transport ferroviaire, construction du barrage de Katende et installation d’une centrale photovoltaïque destinée à renforcer l’approvisionnement électrique.

« Je ne viens pas vous dire que tout est fait. Ce serait vous mentir. Je viens vous dire que le travail continue, que les efforts doivent s’intensifier et que vos attentes restent au cœur de l’action de mon Gouvernement », a-t-elle précisé.

Le véritable test sera l’exécution

Inscrit dans le quatrième pilier du Programme d’actions du Gouvernement 2024-2028, consacré à l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base, le projet de Mbombo porte une ambition économique plus large : réduire les contraintes énergétiques qui limitent l’activité des ménages, des services publics et des entreprises.

Mais l’annonce des 30 millions de dollars ouvre autant de perspectives qu’elle soulève une exigence : celle de l’exécution. La concrétisation du projet dépendra de la disponibilité effective des fonds, de la mobilisation des financements complémentaires et du respect des étapes techniques du chantier.

Après les tentatives manquées du passé, le démarrage effectif des travaux constituera le premier indicateur tangible de l’avancement du projet. La mise en service de la centrale, elle, devra permettre de mesurer son impact sur l’accès à l’électricité et sur l’économie locale.

Pour Kananga, l’enjeu est donc clair : faire de Mbombo autre chose qu’une promesse d’infrastructure, en transformant l’engagement financier annoncé en capacité énergétique réelle et durable.

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