La Commission de la concurrence (COMCO) changer d’échelle. Dotée d’un nouveau cadre et de structures organiques, elle entend renforcer son action sur les marchés congolais, avec une priorité affichée : rapprocher les mécanismes de contrôle et de régulation des réalités économiques des provinces.
Mardi 6 octobre 2026, le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, et son collègue de la Fonction publique, de la Modernisation de l’Administration et de l’Innovation du Service public, Jean-Pierre Lihau Ebua, ont procédé à la remise et à la réception du nouveau cadre et des structures organiques de la Commission de la concurrence (COMCO).
Cette étape intervient après des travaux conduits conjointement par les experts des deux administrations. Elle doit permettre à la COMCO, créée dans sa configuration actuelle par le décret n°25/032 du 10 octobre 2025, de disposer d’une organisation adaptée à l’étendue de ses missions.
82 % des effectifs appelés à travailler en provinces
Le nouveau dispositif organise la COMCO autour de services d’appui et de deux directions métiers : l’une consacrée à la concurrence et aux concentrations économiques, l’autre à la protection des consommateurs.
Mais c’est surtout le choix de territorialiser fortement ses effectifs qui retient l’attention. Le nouveau cadre prévoit que 82 % des effectifs soient déployés dans les provinces, au niveau central comme dans les coordinations provinciales. L’objectif est de rapprocher la capacité de contrôle des marchés eux-mêmes.
Dans un pays où une part considérable de l’activité économique se déploie en dehors de Kinshasa, la présence provinciale de la COMCO doit permettre de mieux prendre en compte les réalités locales dans l’exercice de ses missions.
La Commission est notamment chargée de contribuer à la prévention et à la répression des pratiques anticoncurrentielles, mais également à la protection des consommateurs.
Elle constitue ainsi l’un des principaux instruments de mise en œuvre de la politique nationale de concurrence.
« Le marché peut devenir un monstre »
Pour Daniel Mukoko Samba, la mise en place de cette nouvelle architecture répond à une nécessité économique autant qu’institutionnelle.
« Le marché peut devenir un monstre lorsqu’il n’est pas organisé, lorsqu’il n’est pas encadré par l’État », a déclaré le vice-Premier ministre, appelant à faire de la COMCO un véritable régulateur des marchés, tout en préservant la liberté d’entreprendre et les droits des consommateurs.
Cette ligne traduit la recherche d’un équilibre entre deux exigences : laisser jouer les mécanismes du marché tout en empêchant les pratiques susceptibles de fausser la concurrence ou de pénaliser les consommateurs.
Le nouveau cadre organique donne désormais une ossature administrative à cette ambition. Sa mise en œuvre sera progressive. Elle passera notamment par l’élaboration d’un référentiel des emplois et des compétences, le renforcement des capacités des agents ainsi que l’amélioration de leurs conditions de travail.
Une COMCO appelée à gagner en puissance
Daniel Mukoko Samba a également insisté sur la compétence, l’intégrité et le professionnalisme devant accompagner le développement de la Commission.
La signature de l’Arrêté d’agrément provisoire et la remise officielle du cadre organique constituent ainsi une nouvelle séquence dans la modernisation de la COMCO.
Au-delà de l’organisation interne d’une administration, l’enjeu touche directement au fonctionnement du marché intérieur congolais : prévenir les pratiques anticoncurrentielles, protéger les consommateurs et créer les conditions d’une concurrence plus équilibrée.
Avec 82 % de ses effectifs appelés à être déployés dans les provinces, la COMCO fait surtout le pari de la proximité. Une manière, pour le Gouvernement, de faire de la régulation économique non plus seulement une fonction administrative exercée depuis Kinshasa, mais un instrument présent au plus près des marchés et de leurs acteurs.

