Enseignement primaire et secondaire : prédation financière sur les dossiers scolaires des élèves au Lycée Notre-Dame de la Providence à Binza Ozone

Alors que le contrôle des dossiers scolaires des élèves finalistes est en cours dans les établissements scolaires sous la supervision de l’Inspection générale de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, une vive controverse secoue le Lycée Notre-Dame de la Providence de Binza Ozone, dans la commune de Ngaliema.

Plusieurs parents d’élèves dénoncent ce qu’ils qualifient de « monnayage abusif » des dossiers scolaires, au moment même où leurs enfants sont appelés à régulariser leurs dossiers scolaires en perspective des examens d’Etat.

Les témoignages recueillis et les scènes vécues sur place montrent comment les responsables chargés des dossiers scolaires exigent le paiement de 10 000 francs congolais pour le retrait du dossier scolaire et de 5 000 francs congolais supplémentaires pour l’établissement de bulletins dits cartonnés qui sont pourtant des documents relevant de la gestion normale des archives scolaires.

Cette situation suscite l’incompréhension et la colère de nombreuses familles, déjà confrontées aux charges financières liées à la scolarité de leurs enfants.

Des frais jugés injustifiés

Les parents interrogés rappellent qu’au début de chaque année scolaire, les élèves s’acquittent déjà des frais réglementaires relatifs aux bulletins scolaires.

Les textes administratifs relatifs aux frais scolaires ont fixé le coût du bulletin scolaire à 1 000 FC par élève, payable au début de l’année scolaire.

Le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté a pourtant rappelé, dans un communiqué officiel du 10 juillet 2025 (Réf. REF-11748) encore d’actualité, qu’« aucun frais supplémentaire ne sera exigé pour l’obtention des bulletins définitifs ».

Face aux 5 000 FC réclamés pour les « bulletins cartonnés » et aux 10 000 FC exigés pour le retrait des dossiers scolaires, les parents s’interrogent aujourd’hui sur la base légale de ces perceptions sans récépissés et appellent les autorités éducatives à faire toute la lumière sur cette situation.

« Nous avons payé les frais de bulletin chaque année scolaire depuis plusieurs années. Aujourd’hui, pour récupérer les mêmes bulletins conservés dans les archives de l’école, on nous impose encore de nouveaux paiements. C’est incompréhensible », s’indigne un parent rencontré devant l’établissement.

Des scènes de détresse observées

Plusieurs élèves finalistes sont actuellement bloqués dans leurs nouvelles écoles faute de bulletins pour boucler leur dossier, alors que les inspecteurs sont en plein contrôle. Certaines écoles ont même renvoyé les élèves litigieux qui ne devront reprendre les classes qu’après avoir apporté leurs dossiers au complet.

Des parents évoquent des scènes de tension aux abords des écoles où plusieurs familles tentent de négocier des délais afin d’obtenir les documents exigés pour le contrôle des dossiers scolaires.

Pour de nombreux observateurs, cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle touche des documents essentiels à la validation du parcours scolaire des élèves. Ils n’arrivent pas à comprendre pourquoi le lycée Notre Dame de la Providence peut manquer des pièces aux dossiers scolaires des enfants qui sont censés exister au fil des années scolaires.

La seule explication plausible est donc que l’on est en face d’un sordide trafic des dossiers scolaires.

Le gouvernement interpellé

Face à la multiplication des plaintes, les autorités éducatives nationales et provinciales sont aujourd’hui interpellées afin d’apporter un éclairage officiel sur cette question.

Les parents demandent notamment à l’Inspecteur chef de pool de Lukunga, à l’Association nationale des parents d’élèves et étudiants du Congo (Anapeco) et aux autres autorités compétentes de préciser publiquement les frais légalement autorisés pour la constitution et le retrait des dossiers scolaires des élèves finalistes.

Dans un contexte où le gouvernement affirme vouloir lutter contre les tracasseries administratives et renforcer la transparence dans la gestion du système éducatif, plusieurs voix estiment qu’une clarification urgente s’impose afin de protéger les familles contre toute perception irrégulière et de garantir l’égalité de traitement des élèves sur l’ensemble du territoire national.

Pour ces parents, une certitude demeure : l’accès aux documents scolaires ne devrait jamais devenir un obstacle financier supplémentaire à la poursuite ou à la validation du parcours éducatif des enfants.

Dossier à suivre

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