La RDC organise sa première conférence nationale sur les infrastructures

La République démocratique du Congo organise, du 8 au 10 avril à Kinshasa, la première Conférence nationale sur les infrastructures et les travaux publics, une initiative gouvernementale qui ambitionne de repositionner ce secteur au cœur de la stratégie de transformation économique du pays.

Placée sous le thème de la modernisation et de la durabilité, la rencontre devrait rassembler environ 500 participants issus des administrations publiques, du secteur privé, du monde académique et des partenaires techniques et financiers. Elle intervient dans un contexte où la RDC, vaste territoire aux ressources abondantes, reste confrontée à un déficit structurel d’infrastructures, freinant à la fois l’intégration du marché intérieur et l’attractivité des investissements.

Organisée par le ministère des Infrastructures et Travaux publics, dirigé par John Banza Lunda, et validée en Conseil des ministres, la conférence, bénéficie du haut patronage du président Félix Tshisekedi. Elle s’inscrit dans la volonté de l’exécutif de faire des infrastructures un levier central de croissance, à l’heure où le pays cherche à diversifier son économie et à mieux valoriser ses chaînes d’approvisionnement.

Le programme s’articule autour de trois journées aux fonctions distinctes. La première sera consacrée à un cadrage stratégique, avec la présentation d’un diagnostic national du secteur et des discussions sur la gouvernance, la planification territoriale et les normes de construction.

La deuxième journée donnera la priorité aux enjeux techniques et financiers, notamment l’innovation dans les matériaux et les technologies, la résilience climatique ainsi que les mécanismes de financement, avec une attention particulière portée aux partenariats public-privé.

La dernière journée doit aboutir à l’adoption de documents structurants, dont une feuille de route couvrant la période 2026-2030, une déclaration finale et un dispositif de suivi basé sur des indicateurs de performance.

Au-delà de son agenda officiel, la conférence se veut une plateforme de dialogue entre l’État et les investisseurs. Des entreprises de construction, des institutions financières et des bailleurs internationaux sont attendus, dans un contexte où le gouvernement cherche à améliorer le climat des affaires dans un secteur jugé à fort potentiel mais encore marqué par des contraintes réglementaires et opérationnelles.

La participation d’institutions académiques, dont l’Institut national du bâtiment et des travaux publics et l’Institut supérieur d’architecture et d’urbanisme, témoigne également d’une volonté de renforcer l’expertise locale et de structurer une base technique capable d’accompagner les ambitions publiques.

Pour les autorités congolaises, à travers le Ministre John Banza Lunda, l’enjeu dépasse la seule question des infrastructures physiques. Il s’agit de jeter les bases d’une gouvernance plus cohérente et de passer d’une logique de projets isolés à une approche intégrée du développement.

En effet, dans un pays où plusieurs provinces demeurent enclavées, l’amélioration des réseaux de transport et des équipements structurants est perçue comme une condition préalable à l’industrialisation et à la cohésion économique nationale. Cette conférence constitue ainsi un test grandeur nature de sa stratégie visant à se positionner comme un acteur crédible sur le marché des grands projets en Afrique.

JEK

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *