Kinshasa a abrité ce mardi 17 mars 2026 le coup d’envoi d’un séminaire gouvernemental de haut niveau dédié au renforcement des capacités productives. Organisé en partenariat avec la CNUCED, cet événement marque une étape clé dans la stratégie nationale de transformation structurelle de l’économie congolaise.
La République Démocratique du Congo accélère le pas vers son industrialisation. Sous l’égide de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a ouvert le mardi 17 mars 2026 un séminaire stratégique de quatre jours. Co-organisé avec la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), cet atelier réunit jusqu’au 20 mars les principaux décideurs politiques du pays autour d’un objectif ambitieux : poser les jalons d’une économie diversifiée, résiliente et créatrice d’emplois.
Un impératif de transformation structurelle

Dans son discours d’ouverture, le VPM Mukoko Samba a rappelé le paradoxe congolais : un pays doté d’une richesse naturelle exceptionnelle et d’un potentiel humain important, mais qui peine encore à transformer ces atouts en bénéfices tangibles pour sa population. « Le défi central réside dans la capacité à transformer ces atouts en richesses durables, créatrices d’emplois décents et porteuses d’une croissance inclusive », a-t-il insisté.
Cette initiative s’inscrit dans le prolongement direct de la vision du Chef de l’État, Félix Tshisekedi, qui a érigé la diversification économique en priorité nationale. Pour y parvenir, le gouvernement a déjà engagé plusieurs réformes, notamment à travers une stratégie de développement industriel et de promotion des exportations, visant à valoriser les ressources localement et à moderniser le tissu économique.
Diagnostic et feuille de route
L’expertise de la CNUCED sera mise à contribution pour ausculter les faiblesses structurelles des secteurs clés que sont l’agriculture, l’industrie, l’énergie et le commerce. L’objectif est d’identifier les goulots d’étranglement qui freinent l’élan industriel du pays.
Ce travail de diagnostic approfondi débouchera sur la création d’un « programme pays ». Ce document de référence, conçu de manière inclusive, devra permettre de structurer durablement les chaînes de valeur, de soutenir les filières stratégiques et de prioriser les infrastructures essentielles au décollage économique de la RDC.
De la rente minière à la compétitivité durable
L’un des points centraux des discussions portera sur la gouvernance des ressources naturelles. Le Vice-Premier Ministre a mis en lumière les défis liés à la gestion de la rente minière, appelant à une transformation profonde des mécanismes de rétrocession et à une utilisation optimale de la redevance minière. « Nous devons transformer la rente minière en compétitivité durable », a-t-il plaidé, insistant sur la nécessité de réinvestir ces revenus de manière stratégique.
Les priorités d’investissement identifiées sont claires : les infrastructures de transport, le secteur de l’énergie, le développement du capital humain et le renforcement des institutions.

Vers des pôles d’excellence pour piloter l’économie
En conclusion de son allocution, Daniel Mukoko Samba a esquissé une vision renouvelée de l’action publique, plaidant pour une transformation structurelle de l’État. Celle-ci passerait par la création de « pôles d’excellence » dédiés à la gestion stratégique de l’économie nationale.
Il a qualifié ce choix de « hautement stratégique », au même titre que la programmation des réformes à venir.
Le gouvernement attend de ces assises des conclusions opérationnelles. Elles devront servir de boussole pour orienter les politiques publiques vers une croissance forte, diversifiée et inclusive, tout en renforçant l’attractivité de la RDC pour les investissements productifs.
Les travaux se poursuivent jusqu’au 20 mars à Kinshasa.
JDW

