RDC–Japon : Mukoko Samba plaide pour un partenariat industriel de nouvelle génération

La République démocratique du Congo cherche à repositionner sa relation économique avec le Japon sur un terrain plus stratégique. À l’ouverture du tout premier Forum d’Affaires RDC–Japon, organisé à Kinshasa, le Vice-Premier Ministre et Ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a appelé à un partenariat industriel axé sur la transformation locale et la création de chaînes de valeur à forte intensité technologique.

Organisé par l’Ambassade du Japon en RDC, l’événement vise à renforcer le dialogue direct entre décideurs congolais et entreprises japonaises, afin de stimuler les investissements dans des secteurs clés tels que les mines, l’énergie, l’agriculture et les infrastructures.

Dans un contexte mondial marqué par la relance de la course aux métaux critiques, Kinshasa met en avant une équation qu’elle juge évidente : d’un côté, l’excellence technologique et industrielle du Japon ; de l’autre, les ressources minérales stratégiques de la RDC, son potentiel hydroélectrique — notamment le complexe d’Inga — et sa position géostratégique au cœur du continent africain .« Il nous faut passer de l’extraction à la transformation », a martelé Daniel Mukoko Samba, insistant sur la nécessité de développer des chaînes de valeur locales dans les batteries, la métallurgie avancée, le recyclage et les zones économiques spéciales.

L’objectif affiché est de sortir du modèle extractif traditionnel pour bâtir un partenariat industriel de nouvelle génération, adossé à des transferts technologiques et à des investissements productifs.

L’agriculture comme second pilier stratégique

Au-delà du secteur minier, le VPM a mis en avant le potentiel agricole du pays appelé, selon lui, à devenir une puissance régionale. Mécanisation, irrigation intelligente, transformation agroalimentaire et formation technique figurent parmi les axes de coopération envisagés.

« Investir dans l’agriculture congolaise, c’est investir dans la stabilité régionale et la sécurité alimentaire du continent », a-t-il affirmé .

Climat des affaires : signal de continuité réformatrice

Face aux investisseurs japonais, le patron de l’Économie nationale a également rassuré sur la poursuite des réformes structurelles : digitalisation de l’administration, gouvernance minière renforcée, modernisation des partenariats public-privé et amélioration continue de l’environnement des affaires et de la sécurité.

Il a rappelé qu’à Washington, le 5 février dernier, le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo avait adressé un message explicite aux investisseurs internationaux : « la RDC est ouverte aux investisseurs sérieux, patients et stratégiques. »

Daniel Mukoko Samba a également souligné que les relations économiques entre la RDC et le Japon remontent à plusieurs décennies, le Japon figurant parmi les partenaires commerciaux majeurs du Congo avant la seconde guerre mondiale.

Ce forum s’inscrit dans la continuité des échanges économiques tenus à Tokyo en avril et à Osaka en juin 2025, traduisant une volonté commune de dynamiser les flux commerciaux et d’investissement entre les deux pays .

Un positionnement stratégique dans la compétition mondiale

À l’heure où les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques se redessinent sous l’effet des tensions géopolitiques et de la transition énergétique, la RDC tente d’attirer des partenaires capables d’accompagner son ambition d’industrialisation. Le Forum d’Affaires RDC–Japon apparaît ainsi comme une étape supplémentaire dans la stratégie de diversification diplomatique et économique de Kinshasa, cherchant à conjuguer capital, technologie et ressources naturelles dans une logique de transformation structurelle.

JDW

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