Dans une avancée majeure vers l’intégration économique et l’unification des échanges entre la République démocratique du Congo (RDC) et la République du Congo (Congo-Brazzaville), les ministres des Finances des deux pays sont attendus à Kinshasa le 12 février prochain pour signer l’accord bilatéral instaurant un régime fiscal particulier qui sera appliqué à la future gestion du pont combinant route et rail entre Kinshasa et Brazzaville.

Durant quatre jours, des experts des deux rives du fleuve Congo se sont réunis dans les locaux de l’Agence Congolaise des Grands Travaux (ACGT) à Kinshasa pour élaborer ce texte.
Ces assises techniques, officiellement ouvertes le 3 février dernier, ont réuni du côté congolais (Brazzaville) la coordonnatrice des marchés publics à la Délégation Générale des Grands Travaux, accompagnée de quatre spécialistes. Pour la RDC, des représentants des principaux régies financières — Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA), Direction Générale des Recettes Administratives, Domaniales et de Participations (DGRAD) et Direction Générale des Impôts (DGI) — ont apporté leurs expertises sur l’ensemble des taxes, impôts et droits liés au projet.
Mme Kadhi Elisabeth Ndala, cheffe de la délégation de Brazzaville, a salué les résultats : « Aujourd’hui, nous avons un régime fiscal et douanier harmonisé pour ce projet. Nous avons également un accord bilatéral qui vient consacrer ce régime fiscal et douanier pour nous permettre dans les prochains jours de relancer la demande de propositions en ce qui concerne le projet de pont route-rail sur le fleuve Congo entre les villes de Brazzaville et de Kinshasa. »
Un projet stratégique pour la sous-région
L’ingénieur Nico Nzau Nzau, directeur général de l’ACGT — point focal du projet côté RDC — a souligné l’importance de cette étape : « (…) Félicitations pour tous les travaux que vous avez faits. Cet engagement, franchement, c’est la première fois que je vois un tel engagement de plusieurs structures qui travaillent en commun d’accord pour arriver à aboutir à un travail qu’on peut présenter aujourd’hui devant les deux chefs d’État. »
Le pont route-rail Kinshasa-Brazzaville n’est pas seulement une infrastructure de transport : il est considéré comme un pilier de l’intégration économique entre les deux pays et un vecteur majeur de dynamisation du commerce transfrontalier. Ce pont devrait relier physiquement les deux capitales, aujourd’hui séparées par le fleuve Congo, et encourager la mobilité des personnes et des biens au cœur de l’Afrique centrale.
Un cadre juridique et fiscal indispensable pour avancer
La signature du 12 février instituera officiellement le régime fiscal particulier destiné à faciliter la gestion future de l’ouvrage. Cet accord précise notamment les règles d’imposition des activités associées au pont, les échanges transfrontaliers de marchandises et de services, ainsi que le cadre douanier applicable — un préalable jugé indispensable avant le lancement des appels d’offres internationaux pour la construction.
Selon les partenaires techniques et financiers, la concrétisation de ce régime fiscal est un jalon essentiel pour permettre ensuite la désignation du concessionnaire pour le projet et le lancement des travaux, qui pourraient intervenir en 2026, avec la pose de la première pierre envisagée dans le calendrier.
Le pont Kinshasa-Brazzaville s’inscrit dans un cadre plus large d’intégration économique régionale, soutenu par des institutions telles que l’African Development Bank et Africa50, qui accompagnent techniquement et financièrement le projet dans le cadre d’un partenariat public-privé. Une fois terminé, cet ouvrage de près de 1,6 km de long devrait faciliter les échanges, réduire les coûts logistiques et renforcer le tissu commercial et humain entre les deux pays.
JDW

