Corridor de Lobito : la RDC, la Zambie et l’Angola lancent à Luanda la coordination opérationnelle du projet

La mise en œuvre effective du projet stratégique du corridor de Lobito entre dans une phase décisive. La République démocratique du Congo, la Zambie et l’Angola ont tenu, cette semaine à Luanda, une réunion tripartite de haut niveau, organisée autour de la Banque mondiale, en vue d’accélérer la concrétisation de ce vaste programme d’intégration régionale.

Cette réunion inaugurale de coordination, tenue sur deux jours jeudi et vendredi dernier, a réuni les ministres des Transports, des Finances et du Commerce extérieur des trois pays, ainsi que les partenaires techniques et financiers. Elle visait à poser les bases d’une action concertée pour aligner les politiques publiques, coordonner les investissements et mobiliser les acteurs publics et privés autour de ce corridor considéré comme l’un des leviers majeurs de croissance en Afrique australe et centrale.

Un projet structurant pour le commerce et l’emploi

Les discussions ont porté notamment sur l’accélération de la croissance économique, la promotion du commerce intra-africain et la création d’emplois, dans un contexte où le corridor de Lobito est appelé à jouer un rôle clé dans la connexion des bassins productifs de l’Afrique centrale et australe aux marchés mondiaux.

Donnant le coup d’envoi de ces travaux, le Président angolais João Lourenço a appelé à un pragmatisme accru des États concernés et de leurs partenaires techniques et financiers, afin de passer rapidement des engagements politiques à une mise en œuvre concrète de ce projet ambitieux.

La vision intégrée portée par la RDC

Prenant la parole au nom de la délégation congolaise, le Vice-Premier ministre, ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, a présenté la vision de la RDC, fondée sur une approche multimodale et multisectorielle. Cette vision intègre, au-delà des infrastructures ferroviaires, les routes de desserte agricole, les plateformes logistiques, mais aussi le commerce, l’énergie, les zones économiques spéciales, les corridors de développement industriel, la fibre optique et les villes modernes.

Une première phase prioritaire a été identifiée sur l’axe Dilolo–Kolwezi–Tenge, considéré comme stratégique pour l’économie congolaise.

Commerce, climat des affaires et appui financier

Pour sa part, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a mis en avant les effets positifs de la ratification par la RDC de l’Accord sur la facilitation des échanges de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Selon lui, cet engagement se traduit déjà par une réduction significative des coûts et des délais dans les procédures d’importation, d’exportation et de transit, au bénéfice direct des opérateurs économiques.

Le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a souligné que la RDC poursuit des réformes structurelles visant à consolider l’amélioration du climat des affaires, condition essentielle pour attirer les investissements liés au corridor.

De son côté, la Banque mondiale, par la voix de sa Directrice générale des opérations, Anna Bjerde, a réaffirmé son engagement ferme à soutenir l’accélération de la mise en œuvre du corridor de Lobito, considéré comme un projet transformateur à l’échelle régionale.

À l’issue de cette rencontre, la République démocratique du Congo a plaidé pour que la seconde réunion de coordination du corridor de Lobito se tienne à Kinshasa, confirmant ainsi sa volonté de jouer un rôle central dans la gouvernance et la réussite de ce projet d’intégration régionale.

JDW

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *