OMC : à Genève, Julien Paluku défend les réformes commerciales de la RDC qui obtient un appui technique

La République démocratique du Congo a présenté à Genève ses réformes destinées à moderniser le commerce, faciliter les échanges et renforcer l’attractivité de son économie. À l’occasion du troisième Examen de sa politique commerciale à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ouvert le 28 octobre, la délégation congolaise a reçu 181 questions des États membres. Le pays a également obtenu l’engagement de l’organisation à renforcer l’assistance technique destinée à ses cadres.

Face aux membres de l’OMC, le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a défendu une stratégie articulée autour de cinq priorités : la dématérialisation des procédures d’importation, d’exportation et de transit ; la transparence grâce au Portail d’information commerciale (PIC) ; l’amélioration de l’efficacité aux frontières ; la mise aux normes sanitaires et phytosanitaires ; et la transformation industrielle des ressources nationales avant leur exportation.

Les 181 questions adressées à la délégation congolaise témoignent de l’ampleur des échanges engagés autour de ces réformes. Selon le ministre, les efforts de modernisation ont également été salués par la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala.

Moderniser le commerce et transformer les ressources localement

Pour le Gouvernement, l’enjeu dépasse la simplification des formalités commerciales. Il s’agit de réduire les contraintes administratives et les coûts aux frontières, d’offrir davantage de prévisibilité aux opérateurs économiques et de rapprocher les pratiques nationales des exigences du commerce international.

Le déploiement du Portail d’information commerciale doit notamment faciliter l’accès du secteur privé aux informations sur les procédures et les conditions d’accès aux marchés. La dématérialisation des opérations constitue, elle aussi, un levier pour fluidifier les échanges.

Autre priorité défendue à Genève : la transformation locale des matières premières. La RDC entend notamment développer la transformation des produits agricoles et la filière des batteries au lithium, afin de capter une plus grande part de la valeur ajoutée générée par ses ressources.

Cette orientation a été au cœur de l’audience tenue le 29 octobre entre Julien Paluku et Ngozi Okonjo-Iweala, en présence de la délégation interministérielle et de l’ambassadeur Paul Empole, représentant permanent de la RDC auprès des institutions internationales à Genève.

L’OMC promet un accompagnement technique ciblé

Au cours de cet entretien, les échanges ont également porté sur le renforcement des compétences de l’administration congolaise. L’OMC s’est engagée à fournir un appui technique ciblé, notamment dans les négociations commerciales, le commerce électronique et le suivi des notifications obligatoires auxquelles les membres sont tenus.

La régularisation des contributions de la RDC à l’organisation a par ailleurs été saluée, selon le compte rendu communiqué par le ministre. Cet accompagnement doit aider les cadres congolais à mieux maîtriser les règles du système commercial multilatéral et à défendre les intérêts du pays dans les négociations.

Les discussions ont aussi abordé les enjeux énergétiques et environnementaux. La valorisation des forêts congolaises et la relance du projet hydroélectrique d’Inga ont été évoquées comme des leviers potentiels de développement et d’intégration régionale. La modernisation du commerce des services figure également parmi les chantiers identifiés.

Au-delà des annonces, l’épreuve de la mise en œuvre

Sous l’impulsion du président Félix-Antoine Tshisekedi, le gouvernement veut inscrire ces réformes dans une stratégie visant à améliorer la perception internationale de l’économie congolaise, en privilégiant les résultats concrets et les indicateurs vérifiables.

Ouvert le 28 octobre, l’examen de la politique commerciale devait se poursuivre jusqu’au 30 octobre, avec les réponses de la délégation aux questions des États membres.

Cet exercice constitue à la fois un rendez-vous de transparence sur les politiques commerciales du pays et une occasion d’identifier les ajustements nécessaires. Pour la RDC, le principal défi sera désormais de traduire les réformes présentées à Genève en améliorations mesurables pour les entreprises : procédures plus simples, coûts réduits, normes mieux maîtrisées et capacités accrues de transformation locale.

L’appui annoncé par l’OMC peut contribuer à cet objectif. Son impact dépendra toutefois de la continuité des réformes et de leur mise en œuvre effective sur le terrain.

JEK

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