RN1, Nguba–Mbuji-Mayi : Périple sur une route qui change la vie

Une délégation de l’Agence Congolaise des Grands Travaux (ACGT), flanquée des ingénieurs de la société chinoise SISC SA et de ses partenaires techniques, a parcouru les quelque 857 kilomètres du tronçon Nguba – Mbuji-Mayi, pour jauger l’état d’avancement des travaux. Et sur chaque portion, le chantier dévoile une nouvelle étape du rêve congolais de moderniser ses infrastructures.

C’est au village de Nguba, dans la province du Lualaba, que la grande aventure a commencé. Sur le vaste parking, des camions alignés, des bus chargés de passagers et des motos zigzaguant entre les véhicules : l’image parle d’elle-même. La Route nationale n°1, colonne vertébrale des échanges entre l’Ouest et le Centre de la RDC, reprend vie.

Des camions aux arrêts stratégiques

De Nguba, la caravane file vers Kamina, puis Kanyama. Certains poids lourds poussent jusqu’à Mbuji-Mayi, après avoir traversé Mwene-Ditu. Ce ballet routier illustre l’importance de ce corridor : sans cette route, le transport de marchandises, le commerce et la mobilité des populations resteraient asphyxiés.

Lot par lot, une transformation palpable

  • Lot 6 (Nguba–Lubudi, 142 km) : les travaux battent leur plein. Quatre ponts – Dipeta, Kuvumbi, Kate et Mwendamukose – sont achevés à 90%, remplaçant les vieux ponts Bailey par de solides ouvrages en béton précontraint. Le pont Kiabo, lui, n’affiche que 37% d’avancement. Sur la chaussée, le dégagement de l’emprise est quasi terminé (94%), la fondation monte à 57%, la base à 47% et la couche de roulement débute à peine (2%).
  • Lot 5 (Lubudi–Luena–Kabondo-Dianda, 151 km) : ici, le chantier respire la rigueur. L’emprise et le compactage sont déjà réalisés à 100%. La couche de roulement grimpe à 80%, tandis que les ouvrages d’assainissement suivent à 62%.
  • Lot 4 (Kabondo-Dianda–Kamina–Lumba-Mongo, 140 km) : c’est presque un ruban prêt à livrer. Avec un avancement global de 99%, tout – fondations, base et emprise – est pratiquement terminé.
  • Lot 3 (Lumba-Mongo–Kanyama) : les terrassements sont clôturés à 100% et la chaussée est rechargée à 92%. Mais l’assainissement, à la traîne avec seulement 40% de réalisation, demande un coup d’accélérateur urgent.
  • Lot 2 (Kanyama–Mwene-Ditu) : le terrain est prêt (100%), mais les terrassements et ouvrages d’assainissement plafonnent à 29%, imposant un rattrapage indispensable.

Une route qui relance l’économie

Au terme de ce périple, Agée Mavambu, directeur adjoint chargé du monitoring à l’ACGT, affiche une satisfaction mesurée :

« Après notre inspection, nous avons trouvé que l’état de service de la RN1 est très satisfaisant. Mais nous devons rester vigilants pour préserver cette praticabilité. Car cette route a déjà généré un afflux de trafic et une augmentation de l’offre économique dans la région. Notre mission, c’est de sensibiliser les entreprises pour maintenir cette dynamique. »

Le défi du tonnage

Car la grande bataille ne se joue pas seulement avec des bulldozers et des bétonnières. Elle se gagne aussi au quotidien, par le respect strict du tonnage des camions. Chaque surcharge menace la durabilité des ponts et de la chaussée. C’est le prix à payer pour que cette route reste fluide, sécurisée et véritablement au service du développement.

Sur la RN1, entre Nguba et Mbuji-Mayi, le bitume remplace peu à peu les ornières, les ponts s’élancent là où les structures de fortune cédaient, et la promesse d’un corridor vital pour la RDC prend forme. Plus qu’un chantier, c’est une renaissance économique en marche.

JEK

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