C’est une victoire diplomatique et institutionnelle qui redonne à la République démocratique du Congo (RDC) toute sa place dans le concert des nations. À Dubaï, où se tient depuis le 8 septembre le 28ᵉ Congrès de l’Union postale universelle (UPU), la délégation congolaise conduite par le ministre des Postes et Télécommunications, Me José Mpanda Kabangu, a retrouvé un droit de vote et de parole dont le pays était privé depuis plus de trois décennies.
Suspendue depuis 1992 pour défaut de paiement de ses contributions, la RDC avait perdu toute influence au sein de cette organisation stratégique qui regroupe 157 États membres. Mais cette page sombre est désormais tournée grâce à la décision du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui a ordonné l’apurement des arriérés et des pénalités, redonnant ainsi à la Nation son honneur et sa crédibilité. « La République Démocratique du Congo se félicite d’avoir repris ses droits de vote et de parole grâce au leadership du président de la République, qui a une vision d’ouverture et a tenu, malgré l’agression rwandaise dénoncée par le Conseil de sécurité des Nations unies, à honorer les engagements financiers », a déclaré Me José Mpanda, dans une allocution remarquée ce 18 septembre devant l’assemblée.
La voix de Kinshasa de retour sur la scène postale mondiale
La réhabilitation de la RDC au sein de l’UPU ne s’est pas limitée à un simple geste administratif : elle s’est traduite par une présence active au congrès. Outre son droit de vote, le ministre a eu le privilège d’adresser un mot de politique générale au nom du pays, parmi seulement treize États retenus pour cet exercice.
La délégation congolaise a également signé les actes du Congrès, un symbole fort de la réintégration pleine et entière du pays dans cette instance mondiale.
Pour José Mpanda, cette reprise de parole marque un tournant stratégique. « Nous sommes conscients que la Poste n’est plus seulement un service de courrier, mais une infrastructure vitale qui joue un rôle crucial dans le développement du commerce électronique, de l’inclusion financière, de l’accès aux services publics et de la connectivité des zones rurales et isolées », a-t-il martelé, soulignant que le Congo entend désormais transformer son secteur postal en un modèle de durabilité, en phase avec les objectifs de l’Accord de Paris.
Un nouvel élan pour la diplomatie congolaise
Ce retour sur la scène postale mondiale a valeur de symbole. Il illustre la volonté du chef de l’État de repositionner la RDC comme un acteur crédible dans les instances internationales, mais aussi de moderniser un secteur névralgique, longtemps laissé en friche. Le ministre n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler que cette réhabilitation était l’un des desideratas exprimés par l’administration des Postes et Télécommunications dès son entrée en fonction.
Au-delà de l’UPU, José Mpanda s’est fixé de nouveaux défis : ramener à Kinshasa le siège de l’Union africaine des télécommunications (UAT) et concrétiser la création d’une banque postale. Deux chantiers qui, s’ils aboutissent, viendront confirmer que la RDC ne veut plus se contenter d’un rôle marginal, mais aspire à redevenir un pôle d’influence continental.
JDW

